Fondements dramaturgiques : dramaturgie, énoncé et énonciation

Le Cid

Classicisme : anti-baroque; considère le mouvement baroque comme un cheval fougueux.

On rejette le Moyen Âge; on veut s’inspirer de l’Antiquité (surtout du théâtre grec).

Le Cid (1637) est la première pièce phare du classicisme, le premier succès consensuel. On a reproché aux classiques de déroger à la règle (aux dimensions, par exemple de représenter un acte de violence sur scène : le soufflet, consistant à retirer son gant et à le frapper sur quelqu’un).

Autres dérogations par Corneille : vers en 6, 8, 10 pieds (lorsque Rodrigue affirme son amour). Le Cid est considéré comme un «classique raté».

30 ans plus tard, publication d’Andromaque de Racine (1667), un classique «irréprochable» (contrairement au Cid).

Phèdre de Racine (1677).

Il y a une volonté classique au XVIIe siècle, en réaction aux folies du baroque. Représentation du classicisme : Versailles.

Le classicisme, c’est le triomphe de la raison, du rationnel; et il n’y a rien de plus absurde. Versailles est l’illustration concrète de cela, jusqu’à l’excès. On ne peut pas vivre à Versailles, c’est invivable; on n’a même pas pensé aux toilettes.

Distinction entre amant et amoureux : l’amant aime et est aimé réciproquement.

Les enfants (plutôt adolescents, jeunes adultes) sont considérés comme des figures exemplaires.

Absence des mères de famille. On ne prend même pas la peine de spécifier s’ils sont orphelins. C’est une pièce patriarcale, sur le patriarcat.

Corneille fait une valorisation de la jeunesse, contrairement à Molière (où tout le monde est crétin).

Règle chez les classiques : la vraisemblance. Le vrai n’est pas forcément le vraisemblable, mais le vraisemblable doit donner l’impression de pouvoir être vrai.

Compagnonage : apprendre par l’exemple, sans apprentissage théorique. Opposition de deux modes pédagogiques.

Le texte théâtral

Héritage grec : diégêsis, mimèsis et ordres du discours poétique (lyrique, épique, dramatique)

Diégèse : l’ensemble des éléments relatés par le discours narratif, ce qui inclut l’univers spatio-temporel du récit.

Narration extra-diégétique : le narrateur n’était pas présent lors des événements qu’il relate.

Intra-diégétique : l’auteur est dans l’action, fait partie de celle-ci.

Mimésis : imitation.

Diégèse : raconter; mimésis : faire.

Herméneutique du texte théâtral

L’action au théâtre est de parler. Et pourtant, le théâtre est regardé comme l’art mimétique par excellence. Le théâtre est une « parole-action », on agit par la parole.

Il y a toutes sortes de paroles. On mise sur un type de parole…

La fausse conversation : mécanisme qui a les apparences d’une conversation, mais qui est trop artificiel; suit un fil mécaniquement. Dans une véritable conversation, on ne sait pas habituellement où on va être quelques minutes plus loin. Au théâtre, on semble arriver à des conclusions, à des conversations closes, qui se terminent d’elles-mêmes.

Il y a une intention bien ficelée dans les dialogues du théâtre.

(Extrait de L’Atelier, Jean-Claude Grumberg)

Les composantes du texte théâtral

Les didascalies

Du grec didaskien, «enseigner».

Il y a plusieurs types de didascalies (6) :