Le Cid de Gabriel Plante

Moins de scènes dans la relecture de G. Plante. 6 scènes ont été fusionnées. Les scènes de liaison ont été supprimées. Les scènes de transition/liaison sont des scènes parfois inutiles, avec des personnages secondaires, où l’auteur prend le spectateur par la main.

Fondements dramaturgiques 2 : temps et espace (suite)

Le temps théâtral

(…)

Les modalités temporelles et la quête des marqueurs

Les marqueurs temporels permettent de se repérer dans le temps.

Les dialogues permettent de rapporter une action passée.

Le futur est très rare.

Les drames et comédies sont presque toujours au présent.

Le découpage en actes et scènes structure aussi la temporalité.

L’espace théâtral : espace dramatturgique et espace scénique

Dans la relecture de G. Plante, la pièce progresse constamment vers une scène particulière (équivalent à l’acte III, scène 4), alors que dans Le Cid, il y a une chute après cette scène.

L’espace scénique est un espace concret, physique, réel, qui va abriter le théâtre le temps de la représentation.

Tendance scénique : espace vide, dépourvu de décor (il peut néanmoins y avoir quelques accessoires); on laisse au spectateur la liberté de le créer avec son imaginaire.

Espace dramaturgique : dramatique, virtuel, 3e lieu

Espace dramatique : espace où les personnages se rencontrent sous les yeux du public. Fonction de la mimésis : reproduire la réalité. Peut être un espace abstrait. Peut aussi être symbolique (métaphorique ou métonymique).

Un espace métaphorique est un espace qui n’a pas de rapport objectif avec ce qu’il représente; c’est un espace créé, inventé; le lien est créé par le spectateur/créateur. Un lien symbolique est créé par le spectateur (ex. un simple banc représente une chaise de cuisine, mais il n’y a aucun lien objectif avec la cuisine).

Un espace métonymique a un lien concret, un rapport objectif avec son espace (ex. Les Belles-sœurs de Michel Tremblay est représentée dans une cuisine de la Rive-Sud). La représentation de l’espace métonymique repose sur quelques éléments chargés de rappeler l’espace dans lequel ils sont normalement contenus (ex. frigo, cuisinière, évier pour représenter l’entièreté d’une cuisine).

Dans un espace métonymique, on peut supprimer un très grand nombre d’éléments (ex. pour représenter une salle de classe, a-t-on besoin du tableau? de tables? de combien de chaises?)

Le passage de la métonymie à la métaphore peut être progressif, dynamique, spectral (et non une bipolairité exclusive).

Espace virutel ou hors-scène : espace qu’on ne voit pas, mais qui est présent. Hors-scène au théâtre, l’équivalent de l’espace hors-champ au cinéma. Espace évoqué, entendu, répercuté d’une façon ou d’une autre; c’est une espace qui nous est révélé par les sons des personnages ou ce qui est rapporté par les dialogues.

Classicisme : la ressemblance.

3e lieu : partie de la scène qu’un personnage ne voit pas, caché par un écran.

Espace scénique

Configurations

Espace ouvert vs espace clos. L’espace clos est l’espace traditionnel du théâtre classique.

Intérieur/extérieur : l’espace intérieur est prédominant au théâtre traditionnel. Plusieurs raisons : beaucoup plus facile de reproduire un intérieur qu’un extérieur (aussi pour la télévision, notamment).

Horizontalité/verticalité : les espaces sont le plus souvent construits horizontalement, mais on peut produire un plus grand effet par la variation de hauteur (ex. 2e étage; balcon; etc.).

Caractéristiques universelles de l’espace scénique

Passage de la sphère au cube : les décors étaient des toiles peintes, fondées sur la perspective. Le point de fuite est fait en fonction du spectateur idéal (le roi).

Le cube est provoqué par une découverte picturale (peinture en perspective).

Le théâtre peut être englobant ou frontal (à l’italienne). Le théâtre est le plus souvent à l’italienne.

Rapport au spectateur

Le 4e mur est un mur invisible, qui n’existe pas, par lequel le public peut voir ce que font les acteurs durant la représentation. Les acteurs font abstraction complète du public, focalisant complètement sur l’action de la scène.

Le 5e mur fait référence à la projection vidéo.

Fondements dramaturgiques 3 : rythme, prosodie et versification : l’alexandrin

Introduction

Origine : Homo loquens et logocentrisme

Début avec le développement de la langue chez l’humain; l’humain comme être parlant, doté de langage.

L’humain n’a cessé de développer la langue (vocabulaire, forme).

Précisions lexicales

L’alexandrin, c’est de réussir à exprimer quelque chose qu’on n’avait pas réussit à exprimer.

La rhétorique est le travail de l’éloquence.

La prosodie renvoit à la sonorité. Un phonème est un son qui a du sens dans une langue.

Versification : art de faire et de dire les vers.

Métrique : l’étude de la mesure, du rythme.

L’alexandrin fait de 12 à 13 syllabes (n’est pas strictement en dodécasyllabe), selon les époques.

La norme, c’est les vers paires au théâtre français classique (8, 10 ou 12).

Idée qui s’impose : le français est une langue noble. Comment détermine-t-on qu’une langue est noble? En descendance directe du latin ou du grec.

Le vers (en particulier l’alexandrin) a une grande valeur symbolique. Les tragédies n’étaient pensables qu’en alexandrin.