Retour sur les alexandrins

Micro/macro

Dans le micro, c’est le sens qui prime; la mélodie et le rythme sont très assujettis au sens. On suit bien le cheminement de la pensée, du dialogue. Plutôt rationnel.

Dans le macro, il y a de grandes vagues rythmiques ou mélodiques. On fait beaucoup passer l’émotion; sentiment général qui s’appuie sur quelques mots, mais surtout sur l’expression mélodique et rythmique. Au lieu de travailler vers par vers, on travaille par grands mouvements. C’est comme se laisser emporter dans un morceau de musique.

Fondements dramaturgiques 4 : généricité et récit

Le genre : genèse et problématique

Platon

Genre en fonction de l’auteur (poète)

raconter nommer diegesis

imiter représenter mimesis

Aristote

Aristote dit que tous les arts sont mimétiques; tous les arts sont des arts de l’imitation et de la représentation (au sens large); tous les arts imitent, tous les arts représentent. On peut représenter des choses concrètes (des personnages) ou des choses abstraites (des sentiments). Aristote inclut ainsi tous les arts. La musique serait l’art de l’émotion par excellence (art abstrait).

Aristote construit sa grille des genres selon 3 critères :

Constats sur les genres

Les genres évoluent. Les auteurs ne parlent pas que d’eux; ils parlent aussi de l’histoire, du contexte social. Flou continuel, dynamique.

Même à l’époque antique, les œuvres étaient difficiles à classer.

Le classement donne lieu à des hiérarchisations. Ex. le grand art en littérature au XVIIIe siècle c’est le théâtre.

Aujourd’hui : rejet des genres. Au lieu d’être dans l’inter-généricité, on préfère éviter la classification.

La Poétique d’Aristote

Aristote fait certaines observations sur ce qu’est la tragédie :

La fable et son organisation

Fable / histoire (muthos)

On se pose des questions d’après notre héritage des Grecs, qui balise en quelque sort notre pensée.

Complétude et clôture

La clôture est induite par la complétude. Le spectateur doit savoir à la fin ce qu’il advient de tout. À la fin, nous avons tous reçu la même histoire; il n’y a pas tellement de place à l’interprétation des événements, ni de suppositions à l’endroit du futur. Nous devrions tous, en principe, avoir la même opinion (car nous avons la même formation).

Ordre et clarté

La clarté assure la compréhension, la cohérence de la fable dans sa totalité. Le théâtre est la concaténation, l’enchaînement d’événements mis bout-à-bout, et cet enchaînement doit pouvoir être suivi par le spectateur.

La clarté est assurée par un ordre chronologique : la pièce commence par le début et les événements s’enchaînent jusqu’à une fin.

Autre enchaînement : l’ordre causal (un événement en cause un autre; enchaînement logique).

(Grecs/Classiques) : pour que le théâtre puisse avoir un enseignement positif (pour l’amélioration de la société), il faut que cette pièce soit comprise, et comprise de la même façon par tous. Pour renforcer l’ordre établi (en société), il faut que le théâtre soit clair et qu’on sache où l’on est et où on va.

Certaines pièces de théâtre contemporaines ne partagent plus cette idée de vertu cathartique (l’importance d’avoir un sentiment commun à la fin de la pièce); ouverture; divergeance des opinions (dans la réception de la pièce).

Il faut maîtriser ce qu’on veut présenter au spectateur.

Les éléments structurels traditionnels

Le nœud est le produit du nouement.

L’exposition

L’exposition décrit la situation initiale (première situation dramatique); situation des personnages, les rapports qu’ils ont entre eux; situation dans le temps et dans l’espace (situation spatio-temporelle); situation par rapport à un contexte historique; annonce des problèmes, pressentiment.

L’exposition donne les clés, les éléments indispensables à la compréhension.

Le nouement

Est composé de l’événement (ou l’ensemble d’événements) qui déséquilibre la situation initiale. En général, c’est une chaîne très rapide d’événements.

Le nouement correspond au surgissement d’un obstacle à la volonté ou au désir du héros.

Si l’obstacle disparaît, on revient à la situation initiale : comédie.

Une péripétie se situe à l’intérieur du nouement; c’est ce qui va provoquer des changements dramatiques; c’est un « rebondissement mou ». Un véritable rebondissement (gros rebondissement) s’appelle un rebondissement.

Un rebondissement extrêmement fort qui produit un renversement complet de situation est un coup de théâtre (ex. de coups de théâtre dans Le Cid : mort du comte et victoire de Rodrigue parmi les morts).

La situation finale

Dans la tragédie, la situation finale est un retour à l’équilibre, un équilibre nouveau.

Si la situation finale est comme la situation initiale (revient à la situation initiale), alors il s’agit d’une comédie.

Le dénouement doit être rapide. Alors que l’exposition peut durer plusieurs scènes, voir un acte complet, le dénouement est court – à cause surtout de la règle de l’unité de temps (la pièce doit tenir dans 24 heures).

Le dénouvement est complet : l’intrigue est résolue, on ne se pose plus de questions.

Le dénouement est irréversible, définitif.

Ce qui marque le dénouement est une ultime péripétie. La péripétie qui amène le dénouement s’appelle la catastrophe; c’est le dernier élément qui permet de créer une pièce complète.

C’est un schème qui fonctionne pour beaucoup, beaucoup de pièces.

Les règles discursives (structure interne et structure externe)

Structure interne (découpage en unités)

On découpe la pièce en grandes unités signifiantes. On prend l’intrigue (succession des événements) et on voit dans quelle mesure on peut les rassembler dans les unités drmatiques de base : l’acte + l’entracte.

En général, l’acte (le drame) coïncide à un moment clé dans la progression de l’action. Chez les Grecs, on appelait cela l’épisode, et au Moyen Âge une journée. 2 chiffres : 3 ou 5 actes.

Un tableau est l’ensemble des scènes qui se produisent dans un même décor (ce n’est pas nécessairement un acte). Les Romantiques produisaient des décors d’un grand visuel, allant jusqu’à une dizaine de tableaux. Un tableau peut chevaucher les actes.

Après les Romantiques, on donne un titre aux tableaux.

Scène : subdivision de l’acte et correspond tout simplement au changement de personnage à l’intérieur de l’acte; lorsqu’un personnage entre ou sort, on fait un changement de scène.

Structure externe

Ensemble de 6 règles que doivent respecter les auteurs au moment où ils écrivent leur pièce. Ce sont des règles présentes avant même que la pièce soit écrite, mais qui se reflète ensuite à la pièce.