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Introduction

Déroulement des séances

Le travail de fin de session consistera en une analyse, c’est pourquoi il faut participer!

Lectures

Prioriser les lectures de romans pour le cours, avant les textes théoriques.

Évaluations

Articles critiques

Contester un article simplement pour le critiquer n’est pas très intéressant (c’est plutôt stérile).

Le but est de trouver les présupposés du texte.

Bien écrire, ce n’est pas écrire «beau» : c’est dire ce que l’on a à dire. La langue est l’instrument. cela ça etc.


La sociocritique

L’historicité

La littérature, comme toute activité humaine, est historique : elle varie dans le temps, selon les époques.

Nous sommes historiquement déterminés (E. Nardout-Lafarge).

Nous sommes des créatures historiques, notre littérature est historique.

La sociocritique n’est pas compatible avec les «universaux» (ex. l’amour universel). Il faut certaines données de l’époque pour comprendre quelque chose (ex. l’amour). Il faut déconstruire les universaux et retrouver les blocs (valeurs, histoire, etc.) qui les constituent.

Ce n’est pas par les sujets de la littérature qu’elle est historique (ex. auteur contemporain qui écrit sur un sujet contemporain – non!), mais par les modes de lecture propres à une époque, à l’âge de la lecture, etc. 2 lecteurs d’âge différent (ex. prof / élève) ne liront pas de la même façon, ex. car bagage historique différent.

Il n’y a pas de neutralité possible.

Localisation

Le lieu et l’époque dans lequel on est définit la manière dont le lecteur lit et la manière dont l’auteur écrit.

Ce n’est pas une question d’essence (ex. essence du Québec – non!) mais de contexte.

Encore là, il n’y a pas de neutralité possible. La localisation est aussi importante que l’historicité.

L’interdiscursivité

La question de l’interdiscursivité vient de Bakhtine (formaliste russe).

Dialogisme : selon Bakhtine, l’interdiscursivité est dans la nature même d’un discours. Tout discours est une réponse (implicite ou explicite) à une autre énonciation. Tout discours est pris dans le discours de l’autre. Pour Bakhtine, ce dialogisme est toujours présent (pas seulement dans des cas spécifiques) : c’est l’interdiscursivité généralisée; chaque mot est habité par tous les usages antérieurs de ce mot.

Le langage est constamment habité par tous; tous en font un usage particulier («ce n’est pas ce que je voulais dire»).

L’usage du mot apporte avec lui la mémoire du mot qui est activée lorsqu’on l’utilise. Il n’y a pas 2 personnes qui ont le même usage du mot.

Il n’y a pas d’utilisation souveraine de la parole; la parole appartient à tout le monde.

La sociocritique n’est pas la sociologie de la littérature

La sociologie de la littérature étudie la fonction et la place de la littérature dans la société, comme activité sociale; c’est de la sociologie, son objet d’étude est la sociologie (ce n’est pas la littérature).

On peut recourir à la sociologie (ex. défendre par un argument biographique de l’auteur) mais ce n’est pas de la sociocritique.

La sociocritique, c’est une herméneutique du texte, comprise à l’intérieur du texte. Par quels moyens le texte intervient-il dans le social? (On étudie le texte.)

Ce qu’on cherche, c’est comment un texte resémantise un autre (ex. analyse de Bonheur d’occasion pour comprendre le sens des mots à une époque donnée).

Différence entre perspective et méthode

La perspective, c’est l’angle de vue qu’on choisit d’adopter (auteur, lecteur, etc.). On n’est pas obligé de choisir un angle de vue en particulier.

La méthode, c’est le chemin, la manière à adopter pour arriver à analyser un texte.

La sociocritique, ce n’est pas une méthode, c’est une perspective, un angle pour étudier un texte. Pour la sociocritique, les romans sont des voix parmi d’autres voix (dans la cacophonie, littéraire + non littéraire…).

De quoi peut-on se servir? On peut se servir de : la narratologie (qui parle? quel est le point de vue à partir duquel un point de vue est donné); la pragmatique (comment un texte agit, des présupposés, de la pragmatique); la stylistique (rhétorique, figures de styles, figures de mots, figures de discours); la thématique (catégorie de la phénoménologie particulièrement mise à profit dans un texte); etc.

Il y a plusieurs outils que l’on peut utiliser, mais ces techniques doivent toutes nous mener au même endroit :)

La sociocritique ne nous donne pas des ressources/outils précis, mais une voie pour accéder à un texte (analyse).

Distinction entre discours et réalité (ex. discours propagandiste en temps de guerre vs faits historique).

On doit comparer un discours avec un discours (et non un discours avec la réalité).

Présupposé de la littérature : on pourrait faire de la sociocritique de n’importe quel signe (publicité, film, etc.). Pourquoi donc se concentrer sur la littérature? Pourquoi la littérature est-elle essentielle? Si la littérature n’est pas universelle, son but est de sémantiser et de resémantiser.

La fonction de la littérature est de donner du sens à des discours, des mots qui appartiennent à tout le monde.

Les mots peuvent présenter quelque chose de neuf dans les interactions des discours entre eux.

La littérature n’a pas, a priori, le pouvoir de déplacer le sens des mots. Ce qu’on cherche, ce n’est pas l’opinion d’un texte ou l’opinion de l’auteur/autrice (cela n’a pas beaucoup d’intérêt); ce n’est pas, par exemple, simplement si c’est bien ou mal. Ce qu’on cherche, c’est : qu’est-ce que le texte nous dit d’autre?

Il faut résister à l’idéalisation de la position de la critique de la littérature. Il y a des limites à ce qu’un texte peut nous dire, et il faut éviter de faire dire autre chose que ce que ce texte dit.

Il y a déjà un sens inclus dans les mots; le but de la littérature est de resémantiser ces mots.

Quelle est la différence entre faire la sociocritique d’une publicité, d’un tweet ou d’un texte littéraire?

Fonction d’un texte :

C’est parce que la littérature cherche à être originale qu’elle a un sens d’existence. Elle tente de dire les choses autrement.

Si les choses ne sont pas dites différemment, le discours va disparaître.

L’objet de notre analyse est de décrire la reformulation avant de juger de la valeur critique.