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Intermédialité. Les intermédialistes considèrent les arts comme des média.

Enjeux

La question de la représentation peut paraître évidente à première vue.

Ex. Festival Trans-Amériques : entre danse et parole (ressemble plus à de la danse? plus de gestuelle théâtrale?)

Il y a plus de ressemblances entre la danse contemporaine et le théâtre aujourd’hui qu’avec le théâtre du XVIIe siècle.

Trait spécifique au théâtre : la coprésence.

Les critères qui définissent le théâtre sont fuyants, si bien qu’aucun n’est vital à la définition du théâtre (ex. théâtre sans texte, ou sans acteur sur scène, etc.). Aucun n’est absolument précis, déterminant, essentiel.

On définit toujours le théâtre par conjecture, si bien que la définition du théâtre est extrêmement extensive, au point où elle ne ferait pas consensus de toute façon.

Aujourd’hui, le concept de théâtre est le plus élastique qui soit.

Arthur Pougin (XIXe) : «représentation» voudrait dire exactement la même chose que «spectacle». Aujourd’hui, nous ne dirions pas cela (représentation d’humour? Non; spectacle et représentation ne sont pas tout à fait synonymes).

Re-présentation : idée de rendre présent à nouveau.

Cela devient compliqué : rendre présent quoi?

Ce qu’on perçoit, c’est qu’il y a des enjeux importants qui ne sont pas clairs.

Petit Robert : «action de remettre devant les yeux de quelqu’un»; le fait de «rendre sensible un objet absent, une image, une figure».

Bifurcation au XVIe siècle (1535), où on fait la distinction entre spectacle et représentation théâtrale. C’est aussi l’époque où on redécouvre l’Antiquité, les penseurs grecs. Explosion de la documentation sur les Grecs, si bien que de plus en plus de gens s’intéressent à Platon et Aristote, et débattent du théâtre. Question de la mimesis posée par Aristote : reproduire la réalité. C’est aussi le rôle du théâtre (les actions s’inscrivent dans la mimesis).

Esprit : rendre présent à nouveau. Rendre présent comment, et quoi? C’est la question.

Action de replacer devant les yeux de quelqu’un (rendre présent à nouveau).

Rendre présent à nouveau

Questions :

De quoi parle-t-on au théâtre? Qu’est-ce qui est représenté? Est-ce le texte? Le texte est-il une représentation de l’auteur, la représentation sur scène est donc la représentation d’une représentation?

Digression : l’enregistrement sonore et la fidélité

Les premiers enregistrements sonores étaient des enregistrements de théâtre. Les acteurs jouaient dans des studios sonores. Comme la scène était jusqu’alors le seul lieu de consécration de la voix, ces acteurs ont été accusés de trahison à l’institution théâtral du fait du recours à la technologie (ils ont «court-circuité» [Larrue] la reproduction). L’industrie sonore a réagi en parlant de reproduction selon la fidélité.

Aujourd’hui, on reproduit de plus en plus de manière transparente, «sans filtre».

Foi dans ce qu’on voit et dans ce qu’on vit.

Enjeux liés à la représentation

Intermédialité : la grotte de Lascaux. C’est la grotte ornée la plus visitée du monde (aussi la plus connue, mais pas la plus vieille). C’est la Notre-Dame-de-Paris des grottes. C’est là où l’art pariétal semble le plus développé (17–18 000 ans).

Il n’y a pas de consensus sur ce que les peintures représentent.

Réflexe : qu’est-ce que ces peintures représentaient? (Comme si elles devaient représenter quelque chose.) Spontanément, on se pose la question de ce que quelque chose veut dire, représente (alors qu’il n’y a peut-être pas de dessein de représenter quelque chose).

«Lascaux II : Revivre la découverte de la grotte comme la toute première fois»

Représentation (on a refait la grotte et reproduit le plus fidèlement possible les peintures principales). Question de la vérité («revivre comme la toute première fois»). La grotte la plus visitée du monde est un fac-similé, une grotte en béton armé.

Lascaux III : grotte mobile en pièces détachées, qui part en tournée partout dans le monde.

Lascaux IV : reproduction «fidèle» à Lascaux [I] grâce aux technologies numériques. Tellement fidèle, que même les rituels sont reproduits. L’immersion est telle qu’on oublie qu’on est dans un fac-similé (!). La grotte n’a pas de prétention de vérité (on sait que c’est un «faux»). Et pourtant, on a tout l’impression de vivre une expérience authentique de visite de grotte préhistorique, en tous points.

La réalité, c’est ce que nous vivons.

Questions de faux et de vrai : catégories qui ne sont pas fonctionnelles, même qui nous trompent.

Définition de la représentation :

Présentation scénique d’acteurs ayant été dirigé par un metteur en scène à partir d’un texte dramatique décors et costume.

Plan de cours

2 axes principaux :

La représentation vidéo fait éclater l’espace et le temps (l’espace et le temps sont 2 fondements de nos perceptions). Le développement des technologies fait éclater les représentations.

Les sciences cognitives ou neurosciences nous permettent de mieux comprendre, ou du moins d’avancer dans notre compréhension de ce qui se produit.

Autre aspect étudié : le virage quantique. Les avancés des sciences quantiques pénètrent les sciences humaines, ce qui change beaucoup de choses. Quand on mesure quelque chose, ça a l’impact de modifier l’objet observé.

Analyser, c’est créer.

La réalité objective existe (et la représentation théâtrale existe sans nous) mais on évolue avec elle.

On ne voit plus les spectacles comme on les voyait avant : certains éléments sont restés, d’autres non («spectacle de boxe?»).

Perspectives :

Lecture de 3 pièces. Lecture de pièces théoriques.

2 spectacles dont on aura lu les pièces.

Multimodalité

La présence du silence, par exemple, peut devenir si flagrant qu’on «entend» le silence, et par le contexte qui entoure la fresque/photo, on lui donne un autre sens (le spectateur comme «co-créateur» de la photo, avec sa propre interprétation, sa fonction de construction du sens).

Le rapport scène-salle

Ce qui permet la médiation : qu’est-ce qui permet la médiation, la création du spectacle?

Il y a des agents non humains : c’est la révolution quantique qui nous fait prendre connaissance de cela. L’humain n’est pas au centre de tout (anthropocentrisme). Nous (comme êtres humains) ne sommes pas des observateurs de l’écosystème; nous faisons partie de l’écosystème. Il y a d’autres acteurs que des humains dans cet écosystème. La technologie occupe également une place à part (bien qu’elle découle des humains, elle est néanmoins séparée). La technologie est partout; tous les objets ou presque qui nous entourent sont technologisés.

On ne peut ignorer la place des technologies dans l’espace et dans la représentation.

Un lieu peut avoir une charge émotive (ex. écurie médiévale, où des juifs ont été cachés puis trahis et mitraillés).