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Repasser sur l’examen intra

Composantes de la mise en scène

Dans la représentation de Knock, il y avait des éléments de la mise en scène qui ressortaient plus que d’autres. (Il est frappant sur plusieurs points de comparer Knock avec La Meute.)

Dans Knock, le public est très passif, voire naturalisé; à la fin, un intervenant de la santé prend la parole et s’adresse directement aux spectateurs.

Les éléments ne sont pas égaux d’une production à l’autre. L’ordre dans lequel on présente les différents éléments est lui aussi critique : on a tendance à traiter souvent les éléments les plus importants en premier.

Espace scénique et scénographique

L’organisation interne du lieu théâtral en vertu de laquelle sont réparties deux aires, celle des acteurs et celle des spectateurs.

L’espace scénique est occupé par l’auto, le cabinet du docteur, l’hôtel. Il y a trois décors, ce qui est rare aujourd’hui (principalement pour des raisons financières).

La présence de décors est largement déterminée par le facteur financier. Le facteur financier fait qu’on écrit les pièces différemment.

Composantes de la cage de scène

Partie visible : scène. Partie invisible : coulisses latérales (derrière le pendrillon); trappes; dessous, sous la scène; cintres (les cintres font à peu près deux fois le cadre de scène).

Les dessous ne sont pas beaucoup utilisés aujourd’hui. On ne se sert presque pas des trappes. Plusieurs théâtres n’ont même plus de dessous (Espace Go, Espace Libre).

Rapport textocentrisme/scénocentrisme

La représentation de Knock était surtout textocentriste, avec une « tentative d’extension » à la fin.

Performanciel/représentationnel

Les comédiens font semblant de ne pas être au théâtre. On est dans le représentationnel (reproduction d’une histoire) tout le long, jusqu’à l’intervention de Vadeboncœur (qui relève davantage de la performance, sur le moment; on ne reproduit pas une histoire).

Consignes pour le travail final

2 possibilités :

La mise en espace visuelle et sonore (suite) : scénographie, décor, costumes et accessoires

Catégories historiques (suite)

Scène de la Représentation magnifique de Meyerhold en 1929 (image : [http://worldoftheatreandart.com/acting-methods-life-meyerhold/])

La représentation de Meyerhold est complexe; il semble y avoir une structure, mais ce qui attire l’œil sera différent pour chaque individu. La lune, comme élément lumineux, attire le regard, mais deux spectateurs ne regarderont pas la scène de la même manière.

Composition actuelle

Caractéristiques :

Certaines scènes tendent à éliminer tous nos repères :

Esquisse d’une scène avec beaucoup de jeux de miroirs

Une scène avec des cadrages incertains (et qui, en plus, tourne sur elle-même) prive le spectateur de toute stabilité visuelle :

Esquisse d’une scène pivotante avec de multiples cadrages

Courants esthétiques

L’hybridité caractérise l’époque contemporaine. On va chercher des éléments de différents courants historiques dans les pièces contemporaines.

Romantisme

Le détail vrai : inclure des éléments vrais sur scène.

Par exemple : scène des chevaux qui courent sur scène (production de Futurity Winner à l’Orpheum en avril 1910); les chevaux qui courent sur une scène, dont les mécanismes ne sont pas cachés, produisent un effet très impressionnant.

Esquisse de la scène de Futurity Winner en 1910

Autre exemple : mettre de la neige sur scène.

1880 Papineau Fréchette. On voit des bois sur scène (il y a des arbres) et il y a de la neige. Au loin, le personnage trouve une cabane à sucre (laquelle se révèle sur scène par changement de décor). La cabane est très réaliste, avec tous les accessoires qu’on y retrouverait. Le personnage y allume un feu – un vrai feu –, qui fait de la fumée (et les Anglais les trouvent à cause de ça).

Photo : décor peint marié à des éléments végétaux sur scène. On amplifie, voire exagère la réalité avec la toile peinte.

Naturalisme

Le réalisme serait plus précis.

Scène : bas-fonds de Gorky. On tente de reproduire la réalité par la réalité, avec les moyens de la réalité.

On reproduit des quartiers avec des maisons.

C’est aussi l’esthétique de Broadway ou des téléséries.

Symbolisme

On n’a pas la prétention de reproduire la réalité visible. On cherche à reproduire la réalité qu’on ressent, de faire ressentir l’énergie.

Exemple : la danse serpentine.
Il n’y a pas de narration, mais la performance est créatrice d’émotions, qu’on n’arrive pas à traduire intellectuellement. L’objectif des symbolistes est de susciter des émotions profondes (mais non de façon rationnelle).

Expressionnisme

Photo d’une toile au paysage déformé.

Le monde est en harmonie avec ce que l’on vit et devient ce que l’on vit. C’est un peu la même logique que celle des symbolistes : on cherche à être en harmonie avec la nature. On entend, mais on ne sent rien; on est en résonance avec le monde. On appartient au monde, on est un produit de lui; on retrouve un lien avec le monde.

La nature est un temple de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. (Charles Baudelaire)

Turandot, par Gozzi; mise en scène de Vakhtangov

Image de la scène Turandot, par Gozzi; mise en scène de Vakhtangov (image domaine public)

Minimalisme

On vide la scène; on joue sur l’espace du vide.

Exemple : En attendant Godot.

En attendant Godot (Image via https://blogs.furman.edu/frenchlanguagehouse/2010/11/07/le-theatre-de-labsurde/)

La mort de la jeune fille (production québécoise), où il règne la surabondance (on ne sait pas où regarder).

La mort de Dieu, mise en scène de Roméo Castellucci : mise en scène minimale, où les éléments (comme le lit) ne veulent pas dire autre chose que ce qu’ils sont.

Prince Constant de Grotowski (1966) : le corps de l’acteur prend la place, est mis en évidence (contrairement à Turandot, où la scène est surchargée et dans laquelle on ne perçoit pas beaucoup le corps des personnages). Il n’y a qu’une petite scène qui le surélève légèrement.

(image via https://library.calvin.edu/hda/node/2537)

Évidemment, on parle de pôles; il n’y a à peu près pas de pièce qui soit entièrement minimaliste (avec une scène complètement vide).

Fonctions sémiotiques

Illusionnisme

On cherche à produire un effet d’illusion.

Métonymie

Un nombre restreint d’éléments (de décors, de costumes, etc.) renvoient à un espace plus grand (dans Knock, les chaises ou la table renvoient au cabinet du médecin).

Aujourd’hui sur scène, on n’a pas besoin de reproduire une salle dans son intégralité (par exemple, placer trois chaises sur scène pour faire comprendre qu’on est dans une salle de classe, alors que dans les années 1950, on aurait reproduit une salle de classe avec un tableau, des pupitres, etc.).

Jusqu’où peut-on dénuder la scène pour que les spectateurs puissent se représenter le lieu?

Il y a un rapport objectif entre ce qu’on voit (des chaises sur scène) et le référent (la salle de classe).

Métaphorique

La métaphore est plus compliquée que la métonymie. (Dans Knock, on reste dans la métonymie.)

Exemple : Tristan et Iseult dans une production de Josef Svoboda 1967.

Esquisse d’une mise en scène métaphorique de Josef Svoboda pour Tristan et Yseult en 1967.

Représentation abstraite de l’amour, qui unit les deux personnages, mais qui les brûle aussi.


Dans une pièce québécoise (…), les coups de patin deviennent des marques de violence, de destruction par la civilisation blanche.

Par exemple, il n’y a pas de rapport objectif entre l’arme de destruction et le bulldozer

Abstrait

C’est le théâtre vide, avec l’espace vide. C’est un lieu où il y a des formes qui ne renvoient à rien, qui n’ont pas de sens en eux.

Plus une scène est abstraite, plus on accorde de la place au corps (exemple : The White Horse Butcher, Bread and Puppet, 1977, où les personnages deviennent le décor).

En général, les décors abstraits sont des décors indéterminables.

La mise en espace visuelle sonore : éclairage, environnement sonore, projections visuelles

L’éclairage au théâtre

Le scénographe travaille en étroite collaboration avec l’éclairagiste.

Un décor non éclairé n’existe pas; il n’est pas donné à voir. C’est lorsqu’une partie du décor est éclairée qu’elle prend vie et profondeur. L’environnement sonore fait également partie de la scène : une auralité en émane; le son participe au monde représenté.

Question du concepteur sonore : quel son correspondra à l’univers représenté sur scène?

Les sens sont soudés : lorsqu’on voit quelque chose, on entend aussi quelque chose.

Un silence, au théâtre, est puissant. Le silence, dans la vie en général, ne nous paraît pas naturel.

Il y a toujours eu de l’éclairage au théâtre (au début, l’éclairage était purement naturel, provenant du soleil). Les scènes extérieures faisaient face à l’ouest pour bénéficier de la lumière.

Le Globe (The Theater) à Londres est le premier théâtre construit après l’Antiquité. Au XVIe siècle, le théâtre s’enferme : on souhaite pouvoir jouer à l’abri des intempéries.

Lorsque les théâtres deviennent clos, la question de l’éclairage s’impose, puisqu’on ne peut plus compter sur l’éclairage solaire (même si on joue en plein jour, les bâtiments ne sont pas transparents). On doit donc recourir à l’éclairage artificiel.

Cet éclairage s’impose du moment où on enferme le théâtre.