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L’ethnocritique propose de comprendre du point de vue anthropologique les «énoncés malheureux» comme des paroles qui, réunissant des conditions de rivalité, déclenchent, dans une logique de l’imprécation, une série d’événements malheureux. Il s’agit moins d’appréhender ces «énoncés malheureux» dans le sens linguistique où Austin définit les ratés de certains énoncés performatifs, dont le contexte ne permet pas la réalisation (Austin, 1970: 47-56), que dans un sens anthropologique. Ainsi, l’énoncé malheureux n’évolue pas sous la menace d’un «malheur» qui guette l’énoncé si le sujet parlant ne possède pas l’autorité d’assumer l’acte qu’il désigne par ses mots – par exemple, un homme qui n’a jamais travaillé à la préfecture de police et qui dit «J’ordonne l’évacuation de la ville» produirait un «énoncé malheureux» (Todorov, 1966: 116). C’est plutôt, au sens ethnocritique, un énoncé hyper-performatif qui fait malheur en le disant, car celui qui l’assume possède l’autorité nécessaire et celui qui le reçoit croit en la toute-puissance des mots maudits.

Références ethnocritiques:

Références bibliographiques: