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Lecture de la peur de la mère

Le tempéramment de la mère (son habitus) est celui d’avoir peur.

elle avait peur, selon son habitude. (p. 608)


Peur: angoisse de la faim.

Avec la fièvre, j’éprouvai bientôt une autre souffrance qui ne se concilie pas souvent avec ce désordre de la vie, et dont pourtant tous les soldats malades avec lesquels nous voyagions éprouvaient aussi les angoisses : c’était la faim ; une faim excessive, maladive, presque animale. (p. 610)


Donnée historique intéressante: on a peur de se faire enterrer vivant.


==La peur est de deux sortes.== Il y en a une qui tient au tempérament, une autre à l’imagination. Je ne connus jamais la première, mon organisation m’ayant douée d’un sang-froid tout semblable à celui de mon père. […] Quant à la frayeur qui résulte d’une excitation maladive de l’imagination et qui n’a pour aliment que de fantômes, j’en fus obsédée pendant toute mon enfance. Mais quand l’âge et la raison eurent dissipé ces chimères, je retrouvai l’équilibre de mes facultés et ne connus jamais aucun genre de peur. (p.613)


Je le vois encore au milieu de la poussière, un pic de fer à la main, faisant crouler ces vieux murs qui tombaient presque d’eux-mêmes ==avec un bruit dont j’étais effrayée==. (p. 621)


C’est la peur qui a causé la mort du père:

Il ne s’abattit pas, mais, ==effrayé et stimulé sans doute par l’éperon==, il se releva par un mouvement d’une telle violence, que le cavalier fut enlevé et alla tomber à dix pieds en arrière. (p. 623)


L’excès de la douleur et de ==l’épouvante== m’anéantit et m’ôta le sentiment de tout ce qui se passait autour de moi. (p. 624)


je n’avais jamais eu de bas noirs, ==car ces bas me causèrent une grande terreur== (p. 624)


inspire effroi à la grand-mère:

sympathie et de répulsion, de confiance et d’==effroi== qu’elle inspira toujours à ma grand’mère (et à moi longtemps) (p. 634)


Impulsivité de la mère:

vives passions et les ==violents instincts== (p. 632)

… mais la mère se fait violence à elle-m-même en réprimant ses propres larmes (pourtant normales dans le contexte d’un rite funéraire):

ma mère me cacha ses larmes (p. 617)

Pourquoi réprime-t-elle ses larmes? (la narratrice, Sand, en est tout de même consciente; ce n’est donc pas bien caché) Question sous-jacente: de quoi a-t-elle peur?


Tempérament de la mère:

Son imagination et l’ardeur de son sang l’emportant toujours (p.635)

Elle se néglige elle-même:

Avare pour elle-même, elle était prodigue pour les autres. Elle lésinait sur des riens, et puis, tout à coup, elle craignait d’avoir mal agi, et donnait trop. (p.635)