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Leçon 10

Subordonnée complétive, subordonnée circonstancielle et subordonnée corrélative

Proposition: segment de phrase articulé autour d’un verbe conjugué.

La distinction entre indépendante et principale est importante.

Le sens peut aider à déterminer à quelle proposition une subordonnée se rattache.

Tout le monde est resté jusqu’à la fin de la conférence, mais Katia est partie plus tôt parce qu’elle se sentait mal.

La proposition subordonnée complétive

On reconnaît la proposition subordonnée complétive grâce à la fonction qu’elle assume par rapport à la proposition principale (ou la proposition dont elle dépend). C’est pour cette raison qu’il est essentiel de bien connaître les différentes fonctions que peut assumer une proposition sub. complétive.

Il est donc logique de chercher la fonction d’une subordonnée avant de déterminer sa nature (complétive ou circonstancielle).

La proposition subordonnée complétive peut assumer presque toutes les fonctions d’un nom ou d’un groupe nominal (ou un pronom, évidemment).

Toute la proposition assume la fonction; il n’y a pas de mot noyau.


Conseil pratique: Pour distinguer les deux cas similaires entre proposition relative introduite par le pronom relatif «que» et proposition complétive en fonction complément du nom, il faut se souvenir que le pronom relatif «que» assume toujours une fonction par rapport à un mot dans la relative, le plus souvent il est C.O.D. du verbe de la proposition relative (parfois attribut, parfois C.C.).

Au contraire, le «que» (conjonction de subordination) de la proposition subordonnée complétive n’assume aucune fonction par rapport à un mot dans cette proposition subordonnée complétive; la fonction de la conjonction de subordination est simplement d’introduire la proposition subordonnée complétive).

Si la subordonnée est «complète», c’est une complétive.

Il est contre l’idée ==que nous devrions partir rapidement==.

«l’idée» ne s’intègre pas dans la subordonnée. On ne peut pas dire «nous devrions partir rapidement l’idée». Donc, le «que» n’a pas de fonction par rapport à un mot dans la proposition subordonnée; il est alors conjonction de subordination et la proposition subordonnée est une subordonnée complétive.

Phrase où on ne trouve aucun nom juste devant la subordonnée:

Il s’oppose ==à ce que tu partes si vite==.

Il est impossible d’attribuer une fonction au «que». «tu partes si vite» est complet; donc, «que» est une conjonction de subordination. Donc, c’est une subordonnée complétive.

Fonction de la conjonction de subordination

Les conjonctions de subordination ont pour seule fonction, contrairement aux pronoms relatifs, d’introduire les propositions subordonnées. On doit alors préciser le type de subordonnée qui est ainsi introduite avec sa fonction, en donnant les délimitations de cette subordonnée.

Exemple:

Ils ont souhaité ==que la neige recouvre tous les conifères==.

Fonction de la conjonction de subordination que:

À quoi se rapporte la subordonnée?

Une subordonnée n’est pas automatiquement reliée à la principale; elle peut dépendre d’une autre subordonnée.

Il se peut que la fonction d’une subordonnée se rapporte à un infinitif ou à un participe présent (et non à un verbe conjugué).

C’est la logique de la phrase qui permettra de voir à quelle proposition se rapporte une subordonnée.

Proposition subordonnée complétive d’interrogation indirecte

(Voir Leçon 7)

Les interrogatives indirectes font partie des subordonnées complétives.

Proposition subordonnée circonstancielle

Les propositions subordonnées circonstancielles assument toujours la fonction complément circonstanciel, par rapport au verbe de la proposition dont elle dépend (souvent la principale), parfois d’un infinitif ou d’un participe présent.

Comme avec les compléments circonstanciels, on insiste pour que le rapport soit toujours établi avec le verbe, puisque la phrase (ou la proposition) s’articule autour du verbe. Donc, toujours préciser le verbe auquel se rapporte le complément circonstanciel.


Note: Les subordonnées circonstancielles n’assumeront jamais la fonction de C.C. de lieu, car celle-ci est assurée par une relative, grâce au pronom relatif «où».

Exemple:

On l’a retrouvé exactement là où on l’avait déposé.

Subordonnée relative déterminative de «là».

Les conjonctions de subordination peuvent être de type:

Fonction de la proposition subordonnée circonstancielle

La proposition subordonnée circonstancielle assume toujours la fonction C.C. (de temps, de cause, de manière, de condition, de conséquence, d’opposition, etc.) articulé autour du verbe de sa principale (ou de celle dont elle dépend, voire d’un infinitif ou d’un participe présent).

Proposition corrélative (comparative ou consécutive)

Les adverbes de degré et les adjectifs comparatifs peuvent commander une proposition corrélative.

Les propositions corrélatives peuvent être comparatives ou consécutives.


Il est plus fatigué ==que je ne l’avais cru==.

La proposition corrélative comparative est enchâssée dans le groupe adjectival. Elle a donc pour fonction complément de l’adjectif «fatigué», mais avec l‘adverbe corrélatif, auquel elle est reliée. L’adverbe de degré «plus» modifie l’adjectif «fatigué».

Nous avons tellement travaillé ==que nous sommes épuisés==.

La proposition corrélative consécutive est enchâssée dans le groupe verbal. Elle assume la fonction C.C. de conséquence autour du verbe «avons travaillé», avec l’adverbe corrélatif (adverbe de degré «tellement»), auquel elle est reliée.


Attention! Ne pas confondre certaines conjonctions de coordination ou certains adverbes avec les conjonctions de subordination

Précision importante: groupes prépositionnels et subordonnées circonstancielles

Précision très importante: il ne faut pas considérer comme des subordonnées circonstancielles de simples groupes prépositionnels. Les groupes prépositionnels s’intègrent simplement à la préposition où ils se trouvent. Ils n’en forment donc pas une autre. La construction à l’infinitif, dans un groupe prépositionnel, ne constitue pas une préposition circonstancielle, mais bien un groupe prépositionnel, qui s’intègre simplement à la proposition où il se trouve.

Le groupe prépositionnel ayant un infinitif comme mot noyau ne forme donc pas une proposition. Il s’intègre simplement à la proposition où il se trouve.

Les groupes prépositionnels sont donc insérés aux prépositions où ils se trouvent.

Il faut savoir distinguer une locution prépositive («afin de») d’une locution conjonctive de subordination («afin que»).

Victor a fait cela ==afin que vous compreniez bien ses plans==.

Conjonction de subordination, donc subordonnée circonstancielle de but, C.C. de but de «a fait».

Cas particulier de «comme»

À strictement parler, «comme» est toujours une [conjonction de subordination]({{ ref conjonction-de-subordination >}}):

Il s’adresse à ses collègues ==comme il parle à ses amis==.

Ici, la conjonction de subordination «comme» introduit une proposition subordonnée circonstancielle de manière: «comme il parle à ses amis», fonction C.C. de comparaison (ou de manière) de «s’adresse». Il y a d’ailleurs un deuxième verbe conjugué «parle» (phrase complexe).

Mais souvent, «comme» a plutôt une valeur de préposition, lorsqu’il introduit un mot ou un groupe de mots qui ne contient pas de verbe conjugué. Il prend une valeur de préposition. On considère alors ce mot comme une préposition formant un groupe prépositionnel.

Elle est heureuse ==comme un poisson dans l’eau==.

«comme» introduit le groupe prépositionnel «comme un poisson dans l’eau» qui est en fonction complément de l’adjectif «heureuse». Cette phrase simple est constituée d’une seule proposition indépendante.

Attention! Ne pas confondre avec l’adverbe exclamatif (ex. «Comme il fait beau!»).