Séance 2 : Qu’est-ce que la vertu ?

Méthodes philosophiques : outils conceptuels auxquels on s’intéresse pour eux-mêmes, avec leur logique et leur cohérence propre.

Une méthode donnée permet de donner un type de réponse (pas nécessairement une seule réponse) à un problème.

Quelles sont les valeurs que l’on assigne à un problème/démarche/action ?

Méthodes quantitatives/qualitatives : manière de poser la question. Il est possible d’approcher un problème de manière qualitative (qu’est-ce qu’un bon professeur ?) ou quantitative (quels éléments, évalués selon un barème numérique, font un bon professeur ?).

Trois grandes écoles (méthodes) de philosophie morale :

La méthode est neutre sur le plan axiologique (i.e. sur le plan des valeurs). Il faut assigner des valeurs à une démarche.

Métaéthique («avant l’éthique») : valeurs associées ou non par défaut à une méthode donnée. Certaines valeurs sont d’emblée étrangères à des méthodes. Valeur intrinsèque.

Tout dépend de la valeur qu’on assigne à une méthode, du lien qu’on fait entre les deux.

Deux positions peuvent être identiques sur une question donnée, mais pour des raisons complètement différentes (car cheminement méthodologique différent).

Une méthode n’est pas un dogme, fermée sur elle-même. Il est très possible de cumuler les approches. Pour une analyse donnée, il faut justifier le passage d’un registre méthodologique à un autre (éviter d’enchaîner tous les arguments qui nous tombent sous la main).

L’éthique de la vertu, bien qu’elle soit historiquement apparue en premier, apparaît comme nouvelle-née en philosophie contemporaine. L’éthique de la vertu s’oppose à l’approche impersonnelle du déontologisme et du conséquentialisme selon laquelle l’éthique peut être universalisable car pratiquée indépendamment de l’agent impliqué.

Une éthique de la vertu considère que l’individu est perfectible sur le plan moral.

l’agent se réalise, l’agent se développe. Conception du bien vers laquelle il se tend. Conception téléologique : visée vers un bien.

Pour Aristote, le Bien est ce que nous sommes, et nous tendons vers lui. Impulsion d’hommes et de femmes porteurs de cette idée.

Comment vérifier que quelqu’un est bon ? Sur les bases de quelles observations, quels cas ? On ne peut pas être désigné vertueux sur la base d’une expérience ponctuelle (car le lendemain, peut-être qu’on ne le sera plus).

Fausse médiété : paraître modéré dans une fausse polarisation (plage trop étroite).

S’il y a des vertus, il y a des vices. Tout comme une vertu nous développe moralement, un vice est une forme de dégradation morale. Ne plus avoir de sensibilité par rapport à ce que nous sommes.

La vertu n’est pas une chose absolue (on n’est pas tout Hercule ou tout Satan). Nous développer signifie être sensible à l’égard de la personne que nous sommes.

Pratiques vertueuses : rendez-vous avec soi-même, même s’il peut y avoir des dommages collatéraux.

Texte de Martha Nussbaum

Le degré d’épanouissement n’est pas le même d’une œuvre à l’autre. Les œuvres d’art font partie de notre cheminement en éveillant des habitus moraux que la société de masse ne permet pas de faire. On nous enlève des capacités à voir certaines choses : on n’arrive plus à distinguer la différence entre deux cas, on n’a pas le vocabulaire nécessaire pour traiter d’un sujet particulier.

La littérature peut jouer un rôle de médiation.