Séance 3 : Vertu, perfectionnisme moral et vie en commun : les dilemmes moraux

Qu’est-ce qu’une action juste ?

Qu’est-ce qu’une action ?

Questions de philosophie normative.

La philosophie de l’esprit et les sciences cognitives sont deux domaines tout à fait distincts : la philosophie de l’esprit est un exercice purement conceptuel, voire métaphysique («arm-chair philosophy» : philosophie que l’on semble pouvoir faire en restant assis dans sa chaise) avec des expériences de pensée en abstraction sans éprouver dans le contexte de la réalité, alors que les sciences cognitives travaillent avec des données empiriques, des faits, sur la base de l’expérimentation.

Par les expériences de pensée, on peut aller droit au but sans s’enfarger dans les fleurs du tapis, dans les inutiles détails de la réalité qui peuvent nous faire perdre de vue l’objectif initial.

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Distinction entre valeur et fait.

Sophismes naturalistes : déduire des énoncés de valeur sur la base d’énoncés de faits. Nous n’avons, la majeure partie du temps, aucune preuve qu’il existe une relation logique entre l’énoncé de fait et la valeur.

Comment démontrer qu’une chose est bonne en soi (i.e. vertueuse) ?

Pour Hume et More, les énoncés «Cette table est longue» et «C’est une bonne chose que cette table soit longue» ne sont pas de même nature ; ils ne peuvent donc pas être équivalents. Descriptif.

Ce serait très dangereux de penser que les vertus relèvent de points de vue très subjectifs. Dire qu’une chose est «bonne» peut être non pertinent (ne s’applique pas à l’objet).

Émotivisme : jugement moral de manière épidermique, sur la base d’une attitude émotive.


Expérience morale. Ce qui importe, c’est la volonté de l ‘agent ; l’exercice moral se vérifie dans la volonté. La générosité se vérifie dans les gestes de la volonté. Dire que l’on est généreux n’est pas un geste de volonté.

État continu (évolue perpétuellement) qui se vérifie dans les gestes, dans la volonté.

Pour Philippa Foot, un geste vertueux est un fait.

Il y a différentes façons de se représenter la vérité : certains concepts sont définis géométriquement, les non-vérités y trouvent leur source directement dans la définition. Le fait qu’un énoncé ne soit pas défini géométriquement n’implique pas qu’il faille évacuer la possibilité d’une vérité.

Façon de faire totalement différente du conséquentialisme et du déontologisme.

Problème (classique) du tramway (expérience de pensée, jeu conceptuel).

Différence entre un dommage collatéral et une action directe : conséquence directe/collatérale. Il ne faut pas instrumentaliser une personne.

Les vertus ne peuvent être adoptées par convention/simulacre, ce ne seraient pas des vertus au sens de l’éthique de la vertu.

Pour Philippa Foot, une valeur peut être un fait, contrairement à ce que la tradition considère comme une faute.

Trajectoire morale dirigée par générosité, bienveillance, etc. Nous grandissons moralement en fonction de nos expériences morales. Il faut qu’il existe des objectifs éthiques.

On dit que l’éthique de la vertu est une éthique attractive, téléologique ; en fonction des finalités morales (par exemple, la question du sens de la vie est centrale en éthique de la vertu).

Réalités objectives. Qu’est-ce qui est un simulacre ? Il faut bien qu’il existe quelque chose comme un imposteur comme quelque chose qui est authentique (sinon, il ne peut y avoir de différence).

Caractères/dispositions morales réfèrent à des conceptions morales qui préexistent.

Il faut actualiser un statut pour qu’il ait une valeur. Il faut se réaliser dans un projet moral.

Est-ce qu’on a envie d’une vie ? Quelle est la fin d’une vie ?

Texte de Rosalind Hursthouse

Qu’est-ce schématiquement que le conséquentialisme ou le déontologisme ? Charger moralement le concept de conséquence dans le conséquentialisme par exemple. L’utilité générale se vérifie dans la règle d’action que l’on choisit. Retour au déontologisme ? Non. Ce n’est pas l’acte même qui compte, mais la règle qui le dirige.

Déontologisme : action correcte si et seulement si elle est conforme à un principe ou à une règle morale.

Utilitarisme : action correcte si et seulement si elle promeut les meilleures conséquences en maximisant le bonheur.

Éthique de la vertu : agent qui agit de façon vertueuse, c’est-à-dire qui possède et exerce des vertus.

Dans une optique perfectionniste, le bonheur n’est jamais achevé ; il doit constamment être réalisé.

La question la plus importante est «Comment agir ?» ou «Que faire ?» plutôt que «Comment être ?».

Le Bien existe ; la Justice existe ; etc. ; ce n’est pas parce que nous voyons des manifestations du mal et des injustices que ces concepts n’existent pas.

La règle est le produit d’une vertu ; la règle n’est pas indépendante de la vertu. Cohérence avec nos vertus.

Problème d’acrasie : «Je voudrais faire le bien, mais je ne peux pas le faire». Difficulté à nos dispositions morales à agir.

Les exigences de vertus peuvent entrer en conflit. Ex. : je peux souhaiter que ma mère vive le plus longtemps possible, et en même temps souhaiter qu’elle meure pour que cessent ses souffrances. Dans les deux cas, j’aime ma mère ! Tragédie de dilemmes moraux. Certains auteurs disent que c’est la force de l’éthique de la vertu que de reconnaître qu’il s’agit d’une tragédie morale. Toutes les théories morales sont affectées par les insolubilités.

La vie est une oeuvre d’art.

Penser ainsi est très beau (perspective nietzschéenne) ; mais ce n’est pas reposant. Idéalisation impossible à réaliser dans l’absolu.

La volonté de toujours vouloir faire correspondre sa personne à sa conception est puéril, futile.

Le perfectionnisme pris dans un sens absolu n’a aucun sens. Un perfectionnisme (absolu) n’admettrait pas une amélioration, une progression, une évolution, mais une finalité sans suite.

La sensibilité est importante, sensibilité dont semble vouloir se détacher le conséquentialisme/déontologisme. Retour sur l’agent lui-même. Cohérence interne. Une expérience comme celle de l’avortement ne peut certainement pas être perçue simplement comme une question de souffrance ou de «Ai-je le droit d’agir ainsi ?».