Séance 6 : La liberté politique : la querelle des Anciens et des Modernes

Déontologisme et théorie de la justice de Rawls.

Pluralisme et déontologisme.

Isaiah Berlin critique la liberté positive.

Benjamin Constant est un grand classique du libéralisme. Liberté d’être soi. Inquiétude que la tradition intellectuelle force une conception uniforme à laquelle il faudrait consentir pour être libre. Paradoxe selon Constant. Si l’on doit se soumettre à une conception déterminée, alors on n’est pas libre.

La liberté (qu’on connaît depuis Hobbes), c’est de pouvoir faire un choix sans être entravé dans l’obtention de ce choix. La liberté peut aller à l’encontre de celle de quelqu’un d’autre. Au nom de la liberté, deux partis qui revendiquent un même droit n’y ont pas droit. Le seul moyen de gérer ce genre de conflits est l’action d’un État qui limite (de manière négative) la liberté individuelle. La liberté s’inscrit donc dans le silence des lois, là où les lois ne nous restreignent pas.

Hobbes prône une entité politique (l’État) qui sera la seule à pouvoir déterminer ce qu’on est libre de faire.

Pour Constant, il faut tenir compte des écarts individuels ; les dissidences font partie de la société. Constant a souvent été (de manière erronée) associé à un individualisme pur et asocial ; au contraire, sa conception est très collective, mais rejette l’idéalisation d’un format artificiel de la collectivité, en tenant compte des libertés individuelles.

La marge, c’est ce qui fait tenir la page.

—Godard

Berlin voit deux grandes familles de libertés :

Être maître de soi-même ; «je m’appartiens». Le soi est sujet (et non objet) de la liberté.

Être son propre maître et ne pas être entravé ne sont pas la même chose.

Certaines considérations morales peuvent avoir le dessus sur la liberté ; la liberté n’est pas toujours la valeur suprême. Certains conflits moraux peuvent très bien sacrifier la liberté au profit d’une autre valeur considérée comme plus importante (et selon le contexte notamment).

La liberté est porteuse de valeurs épistémiques. Mill est convaincu que le moyen de défaire les mouvements populistes qui briment la liberté est précisément la liberté.

Danger : sacraliser toutes les valeurs à l’aulne de la liberté. Il faut se méfier de ceux qui veulent mettre la liberté garante de toutes les autres valeurs.

Il ne faut pas donner un poids substantif à la liberté négative au point où elle pourrait écraser toutes les autres.

Valeur cardinale pour éviter dérapages des radicaux libertariens : l’égalité. Berlin met en garde contre la hiérarchisation, même de la liberté.

Rien ne pourrait nier les droits des individus. Il faut une frontière qui délimite les droits inaliénables des invidivus.

La liberté positive se veut universelle ; tous doivent la posséder. Toute la liberté positive entre les mains d’une seule personne n’aurait pas beaucoup de sens.

Des limites ne sont pas des entraves à la liberté si elles sont constitutives de notre liberté.

Il n’y a pas de partage de pouvoir sans unanimité. L’individu, en étant dissident, perd son pouvoir.

La liberté d’expression doit être être équilibrée avec les autres valeurs.

Certains propos peuvent être valorisés/réprimés sans que cela n’aille à l’encontre de la loi.

La perspective de Berlin laisse des portes ouvertes.

Mise en garde de Berlin contre le boycott des universités - paradigmatique au regard de la liberté universitaire.