Séance 7 :

De la liberté de J. S. Mill est de loin son ouvrage le plus populaire après celui sur l’utilitarisme. Il n’y a pas consensus sur les liens entre les deux textes. Texte surchargé, difficile.

Thèses faciles à identifier :

Ce n’est pas un traité de métaphysique. Met de côté du droit naturel, du déterminisme, de la divinité, car non nécessaires à son analyse strictement politique. Liberté au sens politique : ce que la loi autorise ou ce qu’autorise choses parallèles à la loi (morale) ?

Rapports sociaux, rapport politique aux autres. Rapport qui ne serait pas déjà médiatisé par les institutions (juridiques par exemple).

Politique dans un sens social, au niveau des moeurs par exemple.

Comment penser la liberté politique dans ces conditions ?

Quels sont les freins au pouvoir ? Y a -t-il des freins sur le plan politique qui limitent d’emblée notre liberté ? Oui répond Mill, au moins 2. Normes importantes mais qui ne sont pas institutionnalisées.

Mill est dans un régime politique particulier (anglais). Il y a aussi des protections sur ce qui est permis.

Comment accepter d’être dirigé pour la bonne marche de la société tout en réclamant ce qui relève de la liberté ? Il y a de la liberté, nous ne sommes pas simplement dans le rapport de force. La liberté ne serait-elle qu’un échange marchandable (céder une part de sa liberté pour une autre) ?

Dictature : selon la liberté, qui est oppressé.

Mais qu’en est-il de la liberté pensée dans une démocratie ? Y a-t-il lieu de remettre en question la liberté, n’est-elle pas déjà incluse dans la démocratie ? Pour Mill, la démocratie favorise la liberté.

Comprendre comment le peuple peut avoir le pouvoir. Démocratie : pouvoir qui appartient à l’ensemble des parties prenantes, l’ensemble des personnes concernées dans un groupe. Le pouvoir est parmi nous, le pouvoir est le nôtre. On suppose un égalitarisme démocratique. Dans ce cas, la question de la liberté devient encore plus complexe, car on ne se soumet pas à une entité supérieure, à un aristocrate qui limite simplement notre liberté. Comment penser le tous libre ? Lorsque tout le monde possède le pouvoir, qui le possède réellement ? Se soumettre à la volonté du groupe.

La liberté est celle d’un groupe, mais qui interdit toute forme de dissidence, sous peine d’être exclu du groupe. Quelle place pour la liberté ?

Mill : il faut nous rappeler pourquoi il y a cette union politique entre nous. Raison de l’utilitarisme : nous développer économiquement/sociologiquement/etc., favoriser le bonheur de tous.

Coopération où personne n’y perd de manière nécessaire (car démocratique, par prédication ; dans une monarchie, il y a des gagnants et des perdants par définition). Mécanique qui permet le respect des partis.

Que cherchons-nous au juste ? Nous cherchons à nous respecter mutuellement. Organisation de la hiérarchie politique : respect. Principe de non-nuisance (harm principle) : on peut faire ce que l’on veut tant et aussi longtemps que l’on ne nuit pas aux autres. Cela implique problèmes moraux (notamment pornographie), ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas faire à soi (peut-on se considérer comme un autre ?), se faire à soi ce qu’on ne ferait pas aux autres.

Certains comportements nous paraissent répréhensibles simplement car nous déplaisent. En liberté politique, le fardeau de la preuve est toujours de notre côté (pas du côté des autres). Mais la forme d’intolérance n’est pas grave tant qu’elle ne se transforme pas en un appel à la haine/discrimination/violence. Problème : où cette frontière débute-t-elle ?

Il y a des sanctions très fortes en société qui ne relèvent cependant pas du cadre juridique (exclusion de certains groupes de personnes, par exemple).

Réaction légitimée par le nombre (principe d’une majorité) : problème. Il faut être prudent lorsque l’on discrédite une thèse d’emblée simplement parce qu’on trouve qu’elle ne nous convient pas.

La liberté (d’expression) ne légitime pas un contenu : on admet que n’importe quoi peut émaner de la liberté. On ne peut pas légitimer un propos simplement sous la bannière de la liberté d’expression.

Les excès de pouvoir deveinnent constitutionnalisés car considérés comme nécessaire à la gouvernance d’un État. La liberté peut nous être retirée très rapidement.

Ce n’est pas parce que le texte de Mill est un ancien texte sur des enjeux «dépassés» aujourd’hui, comme la liberté d’expression, qu’il faut le considérer comme un objet d’antiquité.

Il serait souhaitable, selon Mill, que chacun connaisse mieux les choses et puisse donc participer à la vie politique. On confie le pouvoir aux élites qui possèdent une connaissance.

Possibilité du meilleur savoir possible. Question morale (avoir le droit de) ; question épistémique. Les deux peuvent être pensées séparément. Autoriser la fausseté qui empêcherait le meilleur savoir moral. La considération morale met en péril la considération épistémique.

Hiérarchie entre considérations morales et épistmiques chez Mill ? Oui : les considérations ont avantage collatéraux effets épistémiques sur le débat. Plus on encourage le débat moral, plus les idées morales émergent de la pluralité des opinions (mais ne garantit rien quant au résultat épistémique).

Comment penser le respect entre nous, par quels règles/mécanismes l’appliquer ? Comment juger de ce qui est acceptable/inacceptable ?

La constitution politique d’une personne repose sur les choix moraux qui s’offrent à elle, qui la confrontent. Doit laisser la possibilité de se faire entendre. Mill : plus grande intelligibilité du public. Plusieurs têtes valent mieux qu’une.

Dans le débat public, les sociétés évoluent selon Mill ; nous sommes alors â même de nous développer ensemble.

Donner sens à la liberté politique. Mill a une conception qui n’est pas vide de la liberté. Mettre la liberté en acte, s’assurer que l’ensemble des points de vue soient respectés. Liberté de conscience, mais qui ne devrait jamais autoriser que la conscience de l’un l’emporte sur celle de quelqu’un d’autre.