Séance 9 :

Pourquoi un homme n’est-il pas en posture de se porter à la défense du féminisme ?

En se mettant en surplomb, on perd de vue certains problèmes plus près de la réalité. On le fait forcément d’un point de vue méthodologique : en s’éloignant de l’objet qu’on étudie, on écarte nécessairement des éléments.

Le but est d’arriver à un modèle de justice qui permette de rendre compte des différences, par une méthode non genrée.

La femme ne doit pas occuper une place inférieure ou une place à part. Le simple fait de dire qu’elle est à part l’exclut d’emblée. Les voix des femmes sont discréditées d’emblée.

S’approprier sa propre place, sa propre voix, ce qui ne revient pas à prendre la place des autres. (Redéfinition de la place de chacun en société ?)

Les clés de notre existence nous appartiennent du moment que nous sommes les principaux acteurs de notre vie (approche héritée de l’éthique de la vertu).

Abolir les genres revient à se priver des moyens méthodologiques qui nous permettent de revendiquer les droits des femmes.

Il convient de distinguer sexe et genre : le sexe est un fait biologique, alors que le genre représente une expérience sociale découlant de constructions sociales autour d’un noyau dur, soit celui du sexe dans le cas du féminisme.

Selon certaines auteures, il faut aller dans le sens des constuctions sociales pour assurer sa reconnaissance, car ce sont des éléments constitutifs de notre personne. Posture universaliste qui ne rend plus compte de la singularité des individus.

Il y a risque de perdre la notion même du féminisme.

Autre menace potentielle : celuid d’essentialiser le féminisme. Il faut éviter des perspectives où tous les genres et tous les problèmes sont confondus.

Théorie de la reconnaissance : en réaction au danger de l’individualisme, le fait de considérer la société comme un rassemblement d’individus. Écarter les libertés collectives par crainte qu’elles ne rentrent en compétition avec les libertés individuelles.

Avec l’intersectionnalité, on forge la situation de manière à masquer le problème. Catégorisation qui implique différents modes d’intervention, avec des perspectives différentes. La personne est dépossédée d’elle-même : elle est, par exemple, tantôt une personne de couleur, tantôt une personne pauvre, tantôt une personne de sexe féminin.

Catégories pour voir les personnes racisées, subissant des injustices.

Solution proposée : hiérarchisation des injustices (couleur de peau, statut économique, sexe). Absurde.

Il y a nécessité de considérer les femmes comme groupe en elles-mêmes, car c’est sur quoi repose le féminisme.

Faire de l’oppression le drapeau de son combat ; cela a pour effet de stigmatiser la personne elle-même dans la catégorie qu’on lui a attribuée. Auto-enfermement, auto-stigmatisation dans la catégorie initiale.

Le modèle de sérialisation est à la fois un mécanisme de stigmatisation et un mécanisme permettant de faire converger les individus.

Il est très possible qu’une personne se trouve au carrefour de plusieurs sérialités. Elle doit apprendre à interagir avec ces différentes sérialités. Une même personne finirait par être étrangère à elle-même, en se pensant tantôt comme membre d’une sérialité, tantôt d’une autre. Elle se trouve aliénée à elle-même.

Réponse de l’individualisme méthodologique libérale : les individus ne sont jamais des individus, car on leur offre trop de portes/fenêtres, trop d’ouvertures. Leur biographie morale ne leur appartient pas, car ces individus sont toujours recoupés par de multiples catégories.