Séance 10 : Rawls, CH4

Les personnes ont différentes aptitudes, différents talents : il faut un mécanisme sur le plan heuristique qui va au-delà de ces différences, de rendre possible le traitemetn de ces différences sans avoir recours à un processus arbitraire.

Méthode qui permet à Rawls de mieux faire comprendre les choix d’une société si les membres arrivent à se déposséder de leur propre personne pour rendre compte de la valeur des autres.

Par le principe du voile d’ignorance, les individus ignorent qui ils sont.

Scénario : comment distribuer des biens en quantité limitée ? Tenir compte de la justice distributive, mais aussi des intérêts démocratiques.

On ne peut ignorer la dissidence qu’il résulte de la pluralité de points de vue. Il découle de la pluralité de points de vue une pluralité de solutions pour les défendre.

Problèmes apparaissent lorsque les institutions comme les universités doivent tenir compte des intérêts démocratiques.

Il y a plusieurs manières de comprendre la justice distributive.

Aucune personne ne devrait être instrumentalisée ; aucune personne ne doit être utilisée en vue d’une fin (point de rupture de Rawls avec l’utilitarisme).

Supprime l’égalité des personnes en tant que personnes.

Pour Mill, l’erreur fait partie de la recherche de la vérité, ne serait-ce que comme opposition.

Rawls fait appel à un concept différent : nous ne devons pas trouver de motifs à respecter quelqu’un, le respect doit s’imposer de lui-même.

Une auto-censure (qui se ferait en vue des potentiels dommages que la non-censure pourrait éventuellement entraîner) pose problème en elle-même. Il faut que certaines choses soient dites, que les idées circulent.

Des personnes doivent être considérées comme des personnes morales à part entières, même lorsqu’elles agissent de manière totalement immorale, voire abjecte. Défendre la libert d’expression et liberté d’opinion. Le fait qu’un propos soit dénoncé ne signifie pas qu’il soit censuré==, au contraire, permet de donner une tribune à des propos singuliers/inappropriés. ==Cela n’est toutefois pas une entrave à la liberté d’expression en soi.

La liberté subordonne la liberté d’expression, alors que chez Rawls y trouve sa propre raison d’être, en vertu du principe de justice et d’équité.

Il faut un mécanisme institutionnel qui défende la liberté d’expression, mais en même temps qui impose la nécessité du débat démocratique (ethos démocratique).

L’heuristique du voile d’ignorance est pré-institutionnel.

Il y a des antécédents à la théorie de Rawls.

Locke : plaide pour un État tolérant (église anglicane). Fait exception aux catholiques, car, soutient-il, fonctionnent par défaut sur l’intolérance.

Un État ne peut imposer une pensée à un individu. Il peut diffuser, favoriser cette pensée, mais ne peut l’imposer.

L’État peut intervenir pour réguler des comportement (ex. réguler le mode d’élection, la distribution des prérogatives, etc.) s’il juge nécessaire de les réguler. Pour Hobbes, la liberté repose sur le «silence des lois» (i.e. si les lois ne disesnt rien, alors cela signifie la liberté).

Dans la perspective lockienne, il faut que le souverain puisse intervenir, mais ne devrait jamais abandonner sa propre fonction. La révolution est autorisée par le souverain en vertu de sa souveraineté même.

Une société tolérante ne doit pas s’inquiéter de ce qu’elle ne tolère pas, mais précisément de ce qu’elle tolère et pourquoi elle le tolère.

Ce qui garantit la sécurité, c’est la communauté ; ce qui garantit la communauté, c’est la souveraineté. L’État ne peut intervenir dans l’imagination, dans la conviction des personnes, mais peut intervenir dans le langage de cette conviction, à «faire communauté».

Il faut faire front commun pour défendre la justice comme équité. Pluralité des points de vue. Soulève la question de la tolérance : que sommes-nous prêts à accepter comme comportement dissident à l’intérieur de notre communauté ?

La structure générale ne devrait pas écraser les phénomènes particuliers.

Liberté de conscience : l’accord au sujet de la liberté pour tous doit être irrévocable. À quel moment peut-on déoncer un discours et avoir recours à la contrainte institutionnelle ?

Défendre la liberté de conscience, en étant au-dessus de celle-ci. L’État doit se montrer totalement neutre (nécessaire pour la justice comme équité).

Mill croit que la liberté de conscience permet la défense d’intérêts communs. Chez Rawls, l’intérêt commun est dans la liberté de conscience. Il ne faudrait pas qu’il y ait préjudice (comme un appel à la haine).

Il faut éviter le moralisme (ou le paternalisme par exemple).

Il peut y avoir désaccord. Le problème survient lorsqu’il y a désaccord structurel.

Que faire lorsqu’un propos est choquant, mais ne porte pas préjudice ?

La tolérance ne se vérifie que par les effets de mode, par les tendances du moment. Change avec le temps (sur le temps d’une génération par exemple).

On ne peut parler de tolérance que si le propos porte sur un sujet qui échappe à la contingence.

La tolérance est soumise au principe de non contradiction.

Porter (arborer, afficher) un symbole n’est pas rien, car renvoie à un contenu.

À partir de quel moment doit-on accepter de ce qui se discute ?

Exemple : (ré-)édition du livre Mein Klampf d’Hitler. Bien qu’on puisse prétexter le livre comme un objet d’étude, il n’en demeure pas moins qu’on pose un geste permettant de diffuser un propos antisémite. Certains peuvent ne traiter le livre que comme un «document historique» .

Si nous ne disposons pas d’un principe comme celui de tolérance, alors toute forme de communication entre théorie idéale et le monde que nous connaissons est impossible. Guide qui permet de voir les choses de manière dichotomique (mal ou bien). Jamais les idéaux de la justice ne pourront nous éclairer (car trop complexe) ; nous avons besoin de la tolérance pour tester la jutsice comme équité.

Dans une société où il manque de tolérance, les intolérants sont mal placés pour se plaindre de l’intorlérance à l’endroit de leur propre personne.

Selon Mill, le fardeau de la preuve est toujours du côté de l’État lorsqu’il s’agit de justifier des mesures restrictives.

Capacité d’écoute de l’État à l’endroit de ceux qui se disent victime d’intolérance.

Nous pouvons très bien être dans la nuance, mais directement liée à la tolérance, qui en retour est liée à la justice comme équité.

Il est totalement normal qu’il y ait des propos dérangeants, diffiles à recevoir. Toute la question est comment les recevoir dans le cadre de la justice comme équité. Conserver l’ethos politique tout en respectant les principes de justice comme équité. Si on ne les respecte pas, on tombe dans des rapports de force pour faire respecter décisions, et au final c’est la décision bénéficiant de la plus grande force qui l’emporte.

Au final, c’est celui qui gagne les élections qui est élu, et non système de justice. Comment mesurer rapports qui existent entre nous, malgré les rapports de force ? Rend possible les rapports politiques.

Ce qui fait communauté, ce n’est pas le partage d’un idéal commun du bien (ou d’un autre quelconque idéal) ; la collectivité qui donne lieu à l’individualité. Chez Rawls, c’est plutôt la garantie que nous nous donnons de manière réciproque qui fait que nous pourrons nous respecter mutuellement.

Le libéralisme comme projet social de la vie bonne en collectivité, et non simplement comme principe de la justice. Cohabiter avec des points de vue opposés au libéralisme. Idéal de liberté qui va à l’encontre d’auters conceptions de la vie bonne, comme des conceptions religieuses. Certains auteurs diront que l’adhésion à un idéal libéral exclue certaines valeurs incompatibles avec la conception libérale de la vie bonne.

Nous fonctionnons dans une logique libérale en fonction des dommages faits à autrui.

Un programme politique nécessite des implications de l’État, la mise en place de mécanismes de cohérence sociale (verser des impôts, arrêter à un feu rouge) : pouvoirs d’interférence dans les libertés justifiés.

Certaines relations sont structurées, parfois exagérément (relations de domination maître/esclave).

L’État devrait être un outil communautaire.

En relation internationale, il y a rapports de domination, mais qui ne sont véritablement exercés que lorsqu’il y a nécessité d’intervenir.

Nous nous retrouvons à posséder les droits de certaines communautés (autochtones par exemple).

Problèmes de justice dès le départ. Selon Rawls, nous ne pouvons avoir une vision globale du système de justice, un seul idéal qui surplombe l’emsemble de la justice.

Sur quels paramètres identifie-t-on une communauté ? À quoi les associe-t–on ?

Nos principes qui nous permettent de reconnaître les différences entre les individus, mais du coup, cela contribue à les stigmatiser. Il faut qu’il y ait interaction entre les différences, mais il faut que nous puissions interagir sans tenir compte des différences (par exemple : inventer une nouvelle langue commune à tous pour éviter inéquité sur le plan de la langue). Cela revient toutefois à ignorer les différences et à ignorer l’attachement d’un groupe à une culture.

À l’inverse, si on décide de célébrer la différence, on peut tomber dans le piège d’attendre d’une certaine communauté certains comportements de leur part (sans quoi elles ne correspondraient au groupe auquel on les identifie). Au final, nous ne créons pas vraiment communauté, de «vivre-ensemble».

En regardant les villes, on constate la logique de ségrégation. On célèbre les différences, la diversité sociale de certains quartiers, alors qu’en contrepartie d’autres quartiers voisins sont (par contraste) totalement homogènes.

Logique d’apprendre à vivre avec la différence.

Le vrai problème n’est pas tant la présence des contre-discours, mais la manière de vivre avec eux.

Dans une logique de ségrégation, on n’est pas exposé aux différences.

Lorsque l’on fait l’éloge de la diversité, encore faudrait-il s’en donner les moyens.

Il faut donner un égal accès à l’emploi à tous. Les taux de représentation des différentes communautés dans certains secteurs de l’emploi peuvent être symptomatiques d’une mauvaise politique d’accueil/d’intégration.

Il peut y avoir discrimination même lorsqu’il n’y a pas de volonté en ce sens (seulement effets discriminatoires). Pose la question normative du «racisme systémitque» : peut-on vraiment parler de racisme s’il n’y a pas de volonté/d’état d’esprit raciste ? L’important, selon Anderson (???), c’est dans les effets.

Le simple fait que des individus appartiennent à des groupes fait qu’ils sont marginalisés. Est-ce que cela contribue à marginaliser le groupe, ou est-ce que la marginalisation découle du groupe. Le racisme invente-t-il la race ? Cela fait oublier au bout du compte qu’il y a bel et bien des groupes qui revendiquent des droits qui leurs sont propres. Travail qui consiste à s’affirmer. Est-ce que le fait de laisser s’affirmer ces groupes contribue à les marginaliser ou à les renforcer ?