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Le tournant kantien

Formule brève qui résume la Critique de la raison pure :

La raison humaine a cette destinée particulière, dans un genre de ses connaissances, d’être accablée de questions qu’elle ne peut écarter ; car elles lui sont proposées par la nature de la raison elle-même ; mais elle ne peut pas non plus y répondre, car elles dépassent tout pouvoir de la raison humaine.

Excède le pouvoir de la raison humaine.

Disposition naturelle de la raison, dont il s’agit d’examiner les limites.

Propension spéculative de la raison justifiable ? Peut-on établir le droit de la métaphysique naturelle ?

Valeur, défaut de valeur de la raison a priori. Enquête sur la possibilité de la critique a priori.

Deux versants à la critqiue transcendantale : l’un positif, découvrir la pierre de touche a priori ; l’autre négatif, spécifier et censurer les ambitions spéculatives illégitimes de la raison.


Connaissance empirique / Connaissance a priori

Kant voudra dépasser l’équation commune (entre empirisme et rationalisme). Les trois veulent jugements synthétiques 10:00.

Comment étendre le savoir a priori sans que celui-ci ne soit dérivé de l’expérience ? L’expérience dans son sens le plus indubitable. Comment pouvons-nous savoir ? ==Comment les jugements synthétiques a priori sont-ils possibles ?==

Sur la solution de ce problème, ou sur une preuve satisfaisante de l’inexistence de la possibilité qu’il demande de saisir, repose le salut ou la ruine de la métaphysique.

E. Kant, Critique de la raison pure

L’espace et le temps ne sont pas (donnés?) 25:50, sont introduits par la sensibilité dans la matière brute des perceptions.

Le réalisme transcendantal est commun au rationalisme et à l’empirisme, constituant leur «angle mort commun» qui ne permet de résoudre le problème de la validité objective des jugements synthétiques a priori.

Réalisme transendantal : l’espace et le temps sont donnés en soi indépendamment de l’expérience (par opposition à réalisme empirique).

Phénoménalisme kantien : restreindre radicalement notre connaissance au monde phénoménal, tout en posant l’existence d’une réalité nouménale (inaccessible et inconnaissanble, «au-delà» des phénomènes).

Les «noumènes» sont à l’opposé des phénomènes, à l’envers de ceux-ci. C’est la chose prise indépendamment de notre perception, indépendamment des conditions subjectives. Caché, inaccessible, au-delà des phénomènes.

Cercle vertueux de l’expérience : présupposer que toutes les connaissances sont synthétiques.

Cercle vicieux : fondation-reconstruction dans le rationalisme et l’empirisme.

L’idéalisme transcendantal oppose :

Polémique contre le scepticisme de Hume : s’il est vrai que les connexions nécessaires (principes ou catégories) ou linéaments a priori, de l’expérience sont des productions de l’esprit ou de la subjectivité humaine, elles n’en sont pas pour autant contingente et privée de réalité objective.

Mais de quel droit la connaissance a priori est-elle sanctionnée du fait que le sujet est l’artisan des formes a priori de notre expérience ?

La raison ne peut pas authentifier les prétentions de la raison pure, puisque la reconnaissance pure ou l’usage des concepts purs doit être complètement indépendant. ==Le synthétique tire sa réalité de l’expérience empirique== ; la synthèse, c’est l’expérience même ; elle n’est pas pure ; si on veut appuyer les jugements sur expériences, on se retrouve à appuyer sur expériences (ce que voulait éviter Kant).

Les jugements synthétiques a priori sont bel et bien synthétiques ; en portant sur ce qu’introduit la subjectivité elle-même. N’est autre que l’expérience elle-même. On peut étendre notre connaissance en ce qui constitue l’expérience. Le point de départ jusqu’à présent n’est que la somme de jugements synthétiques. Distinguer connaissance empirique et connaissance pure ? Il faut surmonter la contradiction 44:00.

La synthèse pure se joue entre l’entendement pur et la sensation pure, sans 47:50. Synthèse a priori de l’entendement pur (douze catégories) et de la sensibilité pure par l’intermédiaire de l’imagination productrice : le rôle des catégories est d’instaurer différents types d’unité au sein de ce que fournir a priori l’intuition pure, l’espace et le temps.

La synthèse pure ne concerne que la forme de l’expérience.

Jugements synthétiques a priori constitutifs de notre expérience.

La synthèse pure, c’est le lieu de la vérité transcendantale. Pierre de touche de toutes les connaissances a priori.

Il n’y a de connaissance a priori possible pour nous que celle d’objets d’expérience possible. Thèse critique sur l’a priori. Production/législation a priori des phénomènes par la subjectivité constituante.

Argument simple qui a permis d’asseoir la critique de la raison pure : le problème de la métaphyisique est de vouloir être une méta-physique, c’est-à-dire une connaissance ou une science du suprasensible, qui aspire à dépasser les limites de l’expérience possible.

Pour mettre fin à ce champ de bataille de contradictions, il faut prendre acte de la révolution copernicienne 65:00.

La synthèse pure n’a pas de validité sur ce dont elle ne rend pas compte.

Implications ontologiques (distinction phénomène/noumène), mais aussi critique de l’onto-théologie : la visée d’explication universelle de la réalité dans son ensemble à partir d’un principe inconditionné devra également être contenue dans les limites de l’expérience possible ou phénoménale (forcément conditionnée), car il nous est possible de penser plus loin qu’on en sait, et qu’on ne peut savoir.

Pourquoi notre raison serait-elle la norme de l’être ?

La «dialectique transcendantale» : déconstruction de la raison syllogistique

Il faut comprendre la distinction étagée entre la sensibilité, l’entendement et la raison.

Il n’est pas de de faculté au-dessus de la raison, pour élaborer la matière de l’intuition et pour la ramener sous la plus haute unité de la pensée.

Toute connaissance/expérience commence avec l’intuition sensible :

De quelque manière et par quelques moyens qu’une connaissance puisse se rapporter à des objets, la manière dont elle se rapporte immédiatement à eux et à laquelle tend toute pensée comme moyen est l’intuition.

L’intuition divine est une intuition originaire. Intuitionner est synonyme de créer. D’un seul et même geste, créer librement. Pas d’altérité entre ce qui est donné et ce qui est créé 78:00. Intuition au sens positif, non sensible.

L’entendement est d’abord le pouvoir de juger ce que nous livre la sensibilité, de ramener les phénomènes à l’unité au moyen de règles. L’entendement consiste à donner des concepts à l’intuition.

On est toujours dans l’entendement, dans l’élément du jugement. Toute connaissance ou expérience repose sur l’interaction complémentaire de l’entendement.

Sans sensibilité, nul objet ne nous serait donné, et sans entendement, nul ne serait pensé. Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles.

La raison est une faculté de degré supérieur, qui vise à ramener à l’unité les règles de l ‘entendement sous des principes : la raison intègre les jugements de l’entendement sous des principes. La raison intègre les jugements de l’entendement à des syllogismes (ou arguments), afin d’en mettre au jour les principes d’unité, qui seront eux-mêmes, en dernière instance, inconditionnés.

Le jugement s’applique toujours à une condition. La raison est condamnée à faire de la métaphysique, elle amène en elle-même à faire de la métaphysique. Elle remonte d’elle-même à un principe premier.

À la différence des concepts de l’entendement, solidement arrimé à l’expérience, la raison produit des idées trasncendantales ou métaphysiques. Kant rend hommage, de manière explicite, à Platon ! ==La raison humaine produit des idées transcendantales.== Chapeaute toute expérience, ne peut devenir exp 89:00. On ne fait l’expérience que du conditionné.

Kant part des catégories de la relation (substance, causalité, communauté) pour en dériver une calssification tripartite des raisonnements syllogistiques (catégoriques, hypothétiques et disjonctifs) et pour ensuite en tirer les trois idées trasncendantales de la raison pure :

Divisions classiques de la métaphysique spéciale (psychologie rationnelle, cosmologie rationnelle, théologie rationnelle) que la tradition scolastique opposait à la métaphysique générale.

Divisions déduites mécaniquement de l’activité nécessaire de la raison et non simplement constatées.

Ces idées transcendantales sont aussi des illusions transcendantales : le fait d’un malheureux malentendu de la raison avec elle-même. Ces idées transcendantales, production de la raison, sont aussi des illusions transcendantales, un inconditionné qui ne sauraient faire l’objet d’une connaissance véritable.

Raison qui déploie vainement ses ailes. Apparence, illusion lorsqu’on s’ingénue à s’élever au-dessus de l’expérience possible.

La métaphysique naturelle est une sophistique naturelle. Sophistique ancrée dans la nature de la raison.

Kant insiste sur la distinction entre connaissance et pensée. Le problème est de vouloir connaître au-delà de l’expérience possible. La raison est portée à penser au-delà de l’expérience sensible, et c’est là le problème.

Descartes associe la res cogitans à l’âme. Façon de penser l’immortalité de l’âme.

Critique des paralogismes (raisonnement faux, où les prémisses sont fausses ; glissement, sophisme non intentionnel) de la psychologie rationnelle : le je pense ne peut pas devenir lui-même l’objet d’une connaissance introspective, n’est pas l’objet d’une introspection, étant plutôt la condition de possibilité inobjectivable de l’objectivité en général, et l’activité synthétique du sujet transcendantal n’est pas inconditionnée, bien qu’elle soit a priori.

Permet une connaissance, mais n’est pas un objet de connaissance. Objet indubitable. N’est pas non plus un objet qui serait inconditionné. Est un a priori, mais n’est pas un absolu.

Par ce Je, par ce Il ou par ce Cela (la chose) qui pense, on ne se représente rien de plus qu’un sujet trasncendantal des pensées = X, lequel n’est connu que par les pensées, qui sont ses prédicats : pris isolément, nous nep ouvons jamais en avoir le moindre concept.

Remontée vers des conditions de possibilité qui ne sont jamais l’objet des connaissances. Descartes a totu faux ; le sujet (qui réfléchit, qui pense) est d’un tout autre ordre.

Critique des quatre antinomies (thèse/antithèse qui peuvent être défendues) de la cosmologie rationnelle : la pensée s’aventure au-delà des limites de l’expérience possible, elle tourne à vide et peut donc plaider aussi efficacement pour une thèse (ex : «Le monde a un commencement et il est aussi limité dans l’espace»).

L’idée de Dieu est définie comme l’idéal transcendantal qui seul permettrait d’achever complètement la série des conditions ramenées à leur fondement, d’élever la pensée vers l’unité rationnelle la plus haute qui soit possible pour nous. Transcendantal comme synonyme d’a priori. Dépasse l’expérience ; spéculatif. Adjectif pour décrire ce qui relève d’une enquête sur le sens d‘a priori.

Ultime inconditionné.

Kant ne retient que trois preuves fondamentales de l’existence de Dieu, comme idéal transcendantal, ou ultime inconditionné :

==Toute la raison tend vers l’inconditionné, mais on ne peut pas le prouver.== Abîme de la raison humaine.

Preuve ontologique

Preuve ontologique : l’existence appartient à son concept. La seule manière de démontrer l’existence de Dieu sans s’appuyer sur l’expérience. Dieu doit exister : c’est comme penser un cercle carré, il y aurait contradiction fondamentale à penser une réalité fondamentale sans qu’elle n’existe.

L’existence ne peut qu’être constatée dans l’expérience, et jamais déduite. Expérience complètement contingente. L’existence est une position dans l’expérience ; un donné dans l’expérience. Dans une expéreince contingente, l’existence n’a rien de nécessaire ; elle est constatée, donnée.

L’ordre de l’expérience est extérieur à celui de la pensée. Nier l’existence de Dieu n’enlève rien à son concept.

Pour Kant, l’existence est toujours contingente, elle n’est jamais démontrable. Rien d’existant n’est nécessaire en tant qu’il existe (car existe de façon contingente).

Parce que l’idéalisme empirique adopte le cercle de l’expérience (réalisme empirique) comme un fait premier, il ne pourra jamais rehausser le statut modal de l’existence (contingence/nécessité) : la certitude qui s’attache aux jugements synthétiques a priori n’est jamais elle-même qu’une certitude de fait.

Concept d’existence contre la preuve ontologique.

Preuve cosmologique

Tout ce qui existe a une cause (principe de raison suffisante), si bien que l’«existence générale» (le monde) ne peut en rester au statut de fait contingent, remonte de l’existence d’un être absolument nécessaire.

Contredit la preuve ontologique sur la question de la contingence (l’expérience est contingente de manière inhérente).

On veut dépasser le champ des expériences possibles.

Pour Kant, la preuve cosmologique est une preuve ontologique déguisée ; le fond de la preuve cosmologique est une preuve ontologique, qui tombe comme la première.

Preuve physico-théologique

Part de l’harmonie du monde pour remonter à l’architecte suprême. Démiurge au fondement contignent des êtres. 37:00 Dieu horloger de Voltaire.

Preuve la plus claire pour Kant, «la mieux appropriée à la commune raison», car «analogie avec l’art humain».

Embarras : la raison saute tout à coup à la preuve cosmologique.

Résultat négatif de la Dialectique transcendantale

La métaphysique naturelle ne peut se constituer en une science rigoureuse, mais seulement en un effort dialectique (querelles incessantes). Impuissance à affirmer l’existence de Dieu (on s’en remet à la raison suffisante).

La Critique de la raison pure invite à un veto agnostique : ne pas se prononcer sur ce que l’on ne sait pas.

Mieux vaut se prononcer sur ce que l’on peut savoir : éthique de la croyance.