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Heidegger : la question de l’être et le dépassement de la métaphysique

L’idéalisme allemand (Fichte, Schelling, Hegel) : les résurgences de l’hnologie

Le nerf de l’idéalisme absolu est de 8:40. Comment pourrait-on penser quelque chose qui n’est pas la visée de la pensée? Comment la pensée pourrait-elle «sortir» d’elle-même? C’est toujours nous qui pensons ce quelque chose.

Chez Kant, on abolit la chose en soi. Chose considérée selon ses conditions de possibilité subjectives. Conséquence fondamentale de la suppression de l’en-soi : la frontière entre le transcendantal (a priori) et l’empirique (a posteriori) devient poreuse, perméable. ==Inséparabilité du transcendantal et de la matière des sensations, des formes et du contenu de l’expérience==, faisant ainsi imploser le nominalisme de la modernité.

L’essence/forme a priori et la manifestation phénoménale/sensible de celle-ci ne sont pas des entités séparées : «l’essence doit se manifester» (Hegel); le monde sensible doit être le fait d’une «synthèse a priori».

Tout dans l’absolu doit participer de cet absolu, car celui-ci ne saurait supporter autre que lui sans se trouver limité par cette altérité, c’est-à-dire cesser d’être absolu.

Absolu -> véritable absolu ou altérité? Quelle est la distinction entre hénologie traditionnelle et idéalisme absolu?

Si le sensible est la manifestation de l’essence, ne retrouve-t-on pas l’évidence de l’eidos?

Étendre l’être à la subjectivité kantienne; la totalité de l’être dans le médium de son expression. Faire éclater toute forme d’altérité, toute forme de dualité; l’être est l’être absolument, sans autre forme.

La réhabilitation de la preuve ontologique chez Hegel

Bien que l’absolu ne préexiste plus sa manifestation sensible, on retrouve chez Hegel un analogue de la doctrine plotinienne des hypostases, où la raison devait opérer une conversion vers son principe inconditionné (l’Un), en parcourant sa procession dans le sensible. ==Le monde est la réalisation concrète.==

Hegel est sur le terrain des hypostases plotiniennes et de la trinité augustinienne. Chaque hypostase est en forme de poupées russes, imbriquées, sans matière résiduelle extérieure à elle. Englobe toute chose.

La conversion est la prise de conscience par l’Esprit lui-même, du fait que toute réalité ou effectivité résulte d’une production de l’Esprit, jusqu’au «savoir absolu». Moment de conversion : prise de conscience par l’esprit que toute effectivité est effectuée par l’esprit 26:00. L’esprit prend conscience de lui-même.

Procession de l’automouvement de l’absolu dans le monde (cf. Grondin, p. 286), la nature ou le Non-Moi, qui coïncide avec le processus dialectique de conscience de soi ou l’automouvement du concept.

Esprit hors de lui-même; l’idée qui se déploie à l’intérieur de l’esprit.

La raison avance par l’élimination des contradictions internes.

L’esprit qui prend conscience de lui-même.

La clef du système hégélien réside dans son rejet de la chose en soi, dont procède son extrapolation hénologique du sujet kantien, c’est-à-dire sa conception idéaliste de l’absolu, d’un Dieu en devenir. Or, ce rejet appelle lui-même en définitive une réhabilitation de la preuve ontologique de l’existence de Dieu (preuve des preuves). Existence traversée par l’absolue. Preuve de l’existence de Dieu en tant que Dieu est en tout.

Ce qui ruinait la preuve ontologique chez Kant était la distinction entre les phénomènes et les choses en soi, car elle implique que nous pouvons toujours concevoir sans contradiction qu’un étant déterminé existe ou n’existe pas. ==On ne peut démontrer la nécessité absolue d’aucun être en demeurant dans le cercle de l’expérience.==

Le fait qu’une chose soit non contraditoire ne suffit pas à en faire un objet, un phnomène possible de pensée. ==Le simple fait que l’objet soit pensable n’assure pas qu’il soit possible==; non nécessité de l’existence. Nous ne pouvons déduire directement l’existence, la nécessité de l’être, à partir du cercle de l’expérience 42:30. La possibilité d’une chose ne se réduit pas à la non contradiction. Saut en retrait de parménide, dont l’argument ne porte plus.

Exigence entre la pensée et l’expérience.

En faisant sauter la chose en soi, on veut montrer que toute existence est elle-même l’expression de l’Esprit, et donc absolument nécessaire 44:00.

L’enchevêtrement de deux onto-théo-logies irréductibles chez Descartes s’explique à partir de l’aporie du cercle, chaque perspective coupant le chemin vers l’autre : c’est par le cogito qu’on en arrive à Dieu, mais c’est Dieu qui fonde la règle de la vérité.

Deux absolus épistémologiques :

Comment concilier ces deux absolus épistémologiques?

L’hénologie invite à penser l’être 49:05. Limites de la raison humaine. Scepticisme. La raison classique voudra en sortir.

Système rationnel qui se clôt sur lui-même.

Hegel parachève le grand cycle cartésien, c’est-à-dire la refondation de l’ontothéologie sur l’égologie (subjectivité).

Heidegger : onto-théo-égologie. Production de l’esprit absolu. Parachèvement du projet du rationalisme classique.

Éclater la chose en soi, réhabiliter la preuve ontologique réfutée par Kant.

Si Hegel assure que l’absolu ne se manifestera qu’en fin de parcours (à la fin, lorsque l’esprit prend conscience de lui-même). Il faut présupposer au commencement l’absolu, en ayant rejeté la chose en soi, ce que seule la fin peut vraiment justifier. ==Prouver l’absolu en le présupposant.== Vouloir apprendre à nager avant de se jeter dans l’eau. Progressivement, on peut en venir à la grande démonstration qu’est la preuve ontologique.

La circularité foncière et assumée de la Grande logique est précisément ce qui conduira à la dissolution de l’idéalisme allemand dès la première génération de philosophes après Hegel.

Certitude absolue sans passer par l’ego. Personne n’aura retenu le projet de Hegel, bien qu’on aura considéré ses précieuses analyses. Preuve ontologique comme certitude absolue 56:50. Incommensurabilité du fini/infini.

Le mouvement dominant du XIX^e^ siècle sera celui de la destitution de la métaphysique au nom de la science et du progrès technologique, c’est-à-dire de l’empirisme.

Ce sont toutes des positions philosophiques, qu’aucune expérimentation ou observation ne saurait valider…


Ontologie : le clivage contemporain et la question du synthétique a priori

Deux figures fondatrices de la tradition analytique : Bertrand Russel et Ludwig Wittgensetin.

Analyse logique de la notion de signification.

Philosophie scientifique qui excluerait toute métaphysique.

La théorie me de la signification, si elle peut se faire sans tiers, quel est l’a priori, et cet a priori est-il analytique? Quelle est la nature de ce qu’on analyse? Quel est le concept de la signification?

Distinction entre propositions analytiques et synthétiques déborde cette distinction même : elle est synthétique a priori. Les sciences formelles et empiriques ne prescrivent pas de rester aux sciences. Tache aveugle de la métaphysique : sur quel principe seront-ils 16:45. Quelle est la nature (substantielle, essentielle) de la signification?

L’essence est exprimée par la grammaire, selon Wittgenstein. La connaissance de ces rèlges n’est pas a priori; c’est une explicitation dans la pratique.

Cette élucidation du langage quotidien ou ordinaire devait permettre d’exorciser les problemes ontologiques traditionnels (touchant les principes et l’essence de la connaissance, de l’esprit, etc.), en démasquant ceux-ci comme des pseudo-problèmes ou des illusions générées par des usages illégitimes du langage - des illusions transcendantales ou dialectiques.

L’analyse linguistique des jeux de langage a un potentiel thérapeutique. On ne débat plus de ce qui fait la structure élémentaire de l’être.

Méthode pour se libérer d’une méthode métaphysique de laquelle on veut se sortir pour de bon. Montrer à une mouche à se sortir d’un piège à mouche.

Comment justifier la thèse selon laquelle l’analyse linguistique pourrait nous permettre d’aboutir à une clarté totale, où les problèmes ontologiques traditionnels pourraient totalement disparaître?

Qu’est-ce qu’un jeu de langage? Qu’est-ce qu’une forme de vie? Convention socio-linguistique. Tout est convention. Y a-t-il toujours, à chaque étape, des assertions ontologiques inassumées?

Conclusion del ,analyse de la philosophie analytique : l’ontologie demeure incoutournable et problématique; la questio jusris kantienne demeure irrésolue. Le jugement kantien demeure impensé, irrésolu, ouvert (comment des jugements a priori sont-ils possibles?).

Tradition continentale : Edmund Husserl et Martin Heidegger.

Husserl fut l’instigateur de la révolution phénoménologique. On peut perdre le contact avec le réel des choses, émerveillé par la beauté de sa propre pensée. On doit cesser ses élucubrations, se tourner vers les structures a priori de l’expérience vécue, plutôt que de partir des sciences exactes pour en interroger les conditions de possibililité, comme lefaisait l’épistémologie néo-kantienne.

Ce que nous ne pouvons penser ne peut pas exister; ne pas pouvoir se représenter autrement ne constitue pas seulement une limite subjective de la pensée humaine, mais aussi et surtout une nécessité idéale objective de ne pas pouvoir être autrement.

On n’arrive pas à établir la validité objective de ce qui est pensable.

Les limites de la pensée sont les limites de l’être (conversion ontologique). On a beau essayer de penser les choses autrement, on n’arrive pas à concevoir les choses autrement.

Le contraire des essences phénoménologiques est faux a priori.

Le contraire d’une essence phénoménologique est un contre-sens, un faux a priori : construction grammaticalement possible, mais complètement dénuée de sens.

La phénoménologie ouvre une brèche dans el nominalisme de la modernité et permet de renouer avec l’évidence ontologique de l’eidos; reconnaissance du fait qu’existe une ordre d’essences intrinsèques aux phénomenes eux-mêmes, qui n’est pas pénétrée par notre propre pensée.

Ordre inhérent dans les choses; la nature intrinsèque, la forme qu’elles doivent prendre pour nous, leur structure ontologique.

La question kantienne demeure ouverte en phénoménologie.

Les deux traditions mènent à la même conclusion : l’ontologie (l’être et ses catégories) ne peut être résolue, la questio juris kantienne demeure irrésolue. Kant est donc incontournable, ayant ouvert la question fondamentale, la boîte à Pandore.

Husserl finit par résorber l’hénologie dans un idéalisme englobant, à la suite de son tournant transcendantal. L’être est compris comme conscience absolue, dont l’inexistence serait stricttement inconcevable.

Heidegger identifie le sens de l’être à la temporalité absolue. En-deça même de la conscience, notre certitude originelle de la mort signifie la possibilité absolue de pouvoir ne plus être là.

Le monde dans sa gratuité. Indicible dans le monde. Mystique. Ce n’est pas comment est le monde qui est mystique, mais qu’ils soit; poser la question comment est absurde.

Kant : renonçant à l’absolu a priori, on doit admettre l’absence de raison du monde lui-même devant sa nécessité.

L’ontothéologie est possible comme objet de discursion. Frontière raison-foi poreuse (peut être une foi non religieuse, athée, ou bouddhiste). ==Foi en quête d’intelligence.==