Séance 2 : Le doute ; le je suis, j’existe

(retour sur séance précédente) Descartes : rupture avec la tradition typique de la connaissance.

Rôle décisif de la forme, de la loi qui régit un phénomène.

Galilée : sens quantitatif. La nature opère par les mathématiques. Qualités premières et qualités secondes. Galilée n’est pas allé jusqu’au bout de ce qu’il a avancé ; il a fallu attendre Descartes pour opérer une réelle distinction.

Descartes : Méditations métaphysiques

Les Méditations sont un ouvrage de métaphysique. Pour Aristote, la science première est la science statique des corps, sorte de (proto-)métaphysique.

Au fondement du système : la question du moi.

Chez Descartes, l’intérêt pour la métaphysique est née lorsqu’il s’est intéressé à la physique. Galilée est condamné à cause de sa théorie copernicienne. Descartes ne publie pas son Monde car y voit un lien trop étroit avec la théorie copernicienne.

Descartes place la morale au-dessus des autres disciplines majeures, qui sont la métaphysique, la physique, la médecine, la mécanique. Métaphore de l’arbre : métaphysique => racines ; physique => tronc ; médecine => branches ; morale => feuillage.

L’arbre cartésien est l’inverse du modèle aristotélicien.

La physique mécaniste cartésienne : matière-étendue-espace. Propriétés géométriques et mathématiques seules.

Il faut une distinction étendue-espace pour pouvoir percevoir le mouvement (sinon coïncidences dans l’espace créeraient confusion).

Autre postulat : la matière est infinie, le vide n’existe pas.

Descartes propose une physique corpusculaire, à ne pas confondre avec l’atomisme. Les particules sont divisibles à l’infini, en vertu de la puissance de Dieu (même si nous n’arrivons pas à le percevoir).

Le mouvement est imprimé par Dieu au moment de la création (non inhérent à la matière). La matière est inerte ; le mouvement ne fait pas partie de la nature intrinsèque de la matière. La quantité totale du mouvement est immuable, tout comme l’essence divine.

Trois lois du mouvement :

Uniformité de la nature : paradigme mécaniste. Domaines de l’inerte et des vivants régis par les mêmes lois mécaniques. Pas de principes psychiques/forces vitales, pas de causes finales. L’homme est conçu comme une machine, pas de place pour le psychique.

Idées innées : l’esprit humain connaît d’emblée certaines choses que Dieu y a imprimées.

Recherche spirituelle dans chemin de recherche spéculative.

L’oeuvre de Descartes vise à convaincre. Descartes est convaincu que le chemin de l’analyse (invention/découverte) est le plus adapté à la métaphysique. Démarche retrouvée dans Méditations. La synthèse est typique de la géométrie. Démarche retrouvée dans Principes de la philosophie Raisons

Noyau de propositions indubitables pour fonder la construction du savoir. Dans les résumés, Descartes explique le double rôle du doute. Libère l’esprit des préjugés ; élimine la possibilité de douter ultérieurement. Le doute cartésien est ainsi orienté vers la connaissance indubitable. Indubitable au sens normatif (plutôt que psychologique), ce qui n’est pas sujet au doute.

La vérité tient pour faux tous les jugements probables. Ce qui n’est pas sujet au doute est vrai, tout simplement. Doute pour tout.

Recherche de la vraie science. Contrairement au scepticisme (qui cherche à détruire les connaissances acquises), Descartes est à la recherche de la vérité. Enquête systématique. Descartes identifie le probable et le faux.

Rejette toute science reposant sur les données sensibles. Mettre à l’épreuve science cartésienne elle-même, basée sur mathématiques. Faire abstraction des données de la sensibilité.

Pour Descartes, les sens nous trompent.

La folie chez Descartes.

Débat entre Foucault et Derrida (et auquel a participé Beyssade).

Les sens, même les plus proches, sont en mesure de témoigner de quelque chose d’extérieur à l’esprit. Rêve, expérience onirique.

Les mathématiques ont droit à une objectivité exclusive chez Descartes car non associées aux sens. Arguments à l’abri du scepticisme ordinaire. Régissent l’entendement, échappent à la sensibilité.

Dieu est au-delà de la raison.

Exclut hypothèse selon laquelle Dieu essaie de nous tromper.

Malin génie : divinité mineure, la malins génies. Divinités qui nous trompent. Personnification des arguments sceptiques.

Méditation seconde

Formulation du cogito : Je suis, j’existe. Indubitable psychologique vs. indubitable normatif – ce qu’on recherchait.

La procédure selon laquelle la proposition du cogito est vérifiée confirme le premier principe. Réfutation d’autres prémisses confirment celle-ci.

Le cogito est-il un syllogisme ? Inadmissible selon Descartes (via méthode analytique), mais possible selon la méthode synthétique.

​ Je pense, donc je suis. (Discours de la méthode ; Principes de la philosophie)

​ Je suis, j’existe. (Méditations métaphysiques)

​ Tout ce qui pense, existe ​ Je pense ​ Donc j’existe (Mise en forme syllogistique)

Le cogito n’est bon que pour moi, qui en fais l’expérience, et pour une durée limitée.

Le moi indépendamment de l’existence des corps.

En opposition à la conception aristotélicienne d’une corps et d’une forme et par opposition à la conception stoïcienne???.

Découverte du moi pensant. La pensée constitue mon essence.

Il ne faut pas tout connaître du moi, il ne faut pas une connaissance exhaustive du moi pour comprendre que le corps ne fait pas partie de sa nature. Entre l’esprit et le corps, il y a la distinction réelle.

Descartes fait trois types de distinction :

Ce qui est matériel est la condition de connaissance de ce qui est matériel.

La connaissance de l’esprit est connue plus aisément que les corps.

Expérience du morceau de cire (p. 83). On laisse de côté les qualités secondes pour définir la cire. Est-ce qu’on l’aperçoit par l’imagination, si ce n’est pas par les sens ? C’est par l’entendement ; l’entendement rend possible cette connaissance.

L’alternative n’est pas entre une connaissance intellectuelle claire et précise d’une part et une connaissance sensible obscure et imparfaite.

L’entendement semble privilégié en comparaison avec l’imagination et la sensibilité.