Séance 4 : Essence et existence des corps ; le dualisme des substances et la troisième notion primitive

Descartes (33)

Plan de la séance :

Méditation cinquième

Les mathématiques et géométrie apparaissent comme des idées claires et distinctes ; démonstration des idées innées. Innées par exclusion (voir méditation troisième).

Idée indépendante d’une idée particulière. Idée indépendante du fait que l’on y pense : preuve qu’elle est innée. Application ontologique : sens éternel et immuable.

Passivité et activité de l’esprit

Afin de déterminer si une idée est adventice, factice ou innée, Descartes se demande si l’esprit est actif ou passif lorsque l’idée se présente à lui, par rapport au contenu de l’idée.

Idées adventicesIdées facticesIdées innées
Manifestation de l’idéePAA
Contenu de l’idéePAP

P : passif A : actif

Deux critères de distinction entre idées innées et idées factices :

Il y aurait une correspondance entre la nature des idées innées et les essences des choses.

Les objets n’ont de réalité que lorsqu’elles sont pensées.

L’idée de Dieu implique des idées de la géométrie et des mathématiques (nous y reviendrons).

Les mathématiques et la géométrie soit ont une origine empirique, soit sont issues de la convention.

Propos similaire à l’argument de réminiscence de Platon (Méditations métaphysiques, p. 159).

Les lois des mathématiques décrivent de façon adéquate l’essence de la géométrie et des mathématiques. Le fait d’être vrai implique une correspondance entre la pensée et la chose. Correspondance entre idée et essence de la chose.

Au coeur du projet cartésien : la véracité divine et l’innéisme. L’esprit humain décrit la nature réelle du monde. Travail sur les essences.

Le lien avec les éléments théoriques paraît évident (Dieu, idées innées).

Si la géométrie était factice, nous n’aurions pas à nous demander si Dieu était vérace.

Selon Descartes, l’imagination est la faculté destinée à la connaissance des choses matérielles. C’est une faculté à double visage : elle peut retravailler les images faites par les sens ; mais elle peut, d’autre part, traduire par une image physique des idées purement intellectuelles (c’est le cas de la géométrie).

L’âme ou Dieu n’est pas matériel. L’imagination décrit de façon adéquate la nature de la matière. La matière peut exister - non qu’elle existe véritablement. La sensibilité peut prouver l’existence de la matière. Grâce à l’entendement, nous savons que la matière peut exister.

La méditation ne traite pas uniquement des choses matérielles. Dossier de l’existence de Dieu : preuve a priori de l’existence de Dieu. Prémisse majeure : Dieu est l’être souverainement parfaite. Prémisse mineure : l’existence est une perfection. Dieu a toutes les perfections, y compris celle de l’existence ; Dieu existe. Montrer l’existence de Dieu à partir de son existence seule.

Deux questions :

Raisons de ce rapprochement ? Au moins deux :

Si on niait l’existence de Dieu, on lui ôterait une perfection, ce qui bafouerait sa définition. La définition de Dieu ne s’applique pas aux êtres fictifs. On tomberait dans l’erreur.

Pourquoi une autre preuve ? Analogie entre mathématiques et argument a priori permet fondation physique de la physique, comme science véritable et parfaite.

Le voeu (?) est nécessaire afin que les mathématiques acquièrent un statut véritable. Pour Descartes, l’existence de Dieu est encore plus certaine que celle des mathématiques.

La distinction entre certitude et vérité est la possibilité de douter pour Descartes. Le premier doute, plus radical, tombe face à l’idée de Dieu. La possibilité de douter vaut aussi dans les cas de démonstrations. Descartes veut montrer qu’il ne faut pas être attentif de tous les passages de la démonstration pour être certain des résultats obtenus. Sinon, nécessité d’une attention perpétuelle (impensable, impossible pour l’esprit humain). La certitude de la vérité est essentielle à l’établissement d’une science véritable, indubitable.

Garantie divine.

Les actins ne disent rien des choses (exception faite pour le cogito).

Lorsqu’il y a coïncidence entre vérité absolue et cohérence, il n’y a plus de place pour le doute raisonnable.

Le risque du cercle est un risque intrinsèque à son projet de fondation de la science. Exclut tout contact avec le divin.

Les essences des mathématiques dépendent de Dieu, qui à son tour ne dépend de rien.

Méditation cinquième

L’esprit est conçue comme une chose complète, mais le corps est aussi une chose complète indépendamment de l’esprit.

Distinction réelle. L’esprit et le corps peuvent être séparés au moins par la toute-puissance divine.

Descartes suppose au moins deux puissances divines :

Distinction réelle entre esprits et les corps : possibilité que l’un et l’autre existe séparément sans contradiction. Possiblité en vertu de la puissance ordonnée de Dieu. L’esprit et le corps sont unis si étroitement que ne peuvent être séparés durant la vie humaine. Ne peut pas faire subsister l’un sans l’autre pendant la vie de l’homme, mais peut les séparer en vertu de sa puissance absolue.

L’âme est-elle immortelle ? Substance doivent être non corruptibles.

Explique l’existence des choses matérielles grâce aux idées adventices de la sensation.

Tentative insatisfaisante en ayant recours à l’imagination. L’imagination et l’entendement connaissent les mêmes choses, mais avec des modalités différentes. L’objet de l’imagination dépend strictement de l’intellection pure.

L’imagination est une preuve non définitive de l’existence des corps. L’imagination ne se limite pas à traduire à l’image l’entendement ; matériaux provenant de la sensibilité, n’ont aucun rapport avec l’entendement pur. Fournira la preuve définitive de l’existence des corps.

L’homme ne peut avoir à la fois une tendance invincible et trompeuse.

Les corps ressemblent aux sensations qui les représentent. La garantie divine peut nous aider à trouver vérité (des essences) dans espaces confus.

Descartes établit l’existence des corps externes (comment ?).

Troisième voie difficile à conceptualiser (issue de la correspondance de Descartes avec Élisabeth). Deux thèses difficiles à concilier : thèse de l’union substantielle et théorie de la distinction réelle.

C’est l’urgence de répondre à la conception aristotélicienne qui a poussé Descartes à formuelr sa thèse finaliste de l’union esprit-corps. Liaison esprit-corps ; forme de finalisme apparaît. Espace très limité esprit-corps où il est permis d’enquêter sur Dieu.

Il ne faut pas faire usage des sens dans un but spéculatif. Les sens sont utiles, mais dans certaines limites.

La genèse des préjugés

Nouveaux-nés ont conceptions ; préjugés viennent ensuite.

Âme

Mixte. Comme l’imagination, qui travaille exclusivement sur l’intellect.

Degrés de sens

Descartes dessine trois degrés de sens :

Correspondance avec Élisabeth

La correspondance cartésienne est considérée comme un vértiable ouvrage philosophique. Véritable lettres. Philosopher par lettres. S’est conformé à un usage qui venait de s’affirmer à l’époque des savants.

Lettres exceptionnelles. D’autres auteurs modernes n’aimaient pas du tout philosopher par lettres (Malebranche par exemple ; très peu de correspondances philosophiques).

L’âme ne se trouve pas dans le corps comme un pilote dans son navire. Esprit-corps : un mélange.

Notions primitives et modalités de connaissance

Ceux qui ne philosophent jamais conçoivent l’âme et le corps comme une seule chose et peuent concevoir l’union.

Les méditations métaphysiques nous emènent à douter de l’union (assez paradoxal).

Descartes modère les méditations de la comtesse.