Séance 6 : Spinoza

Spinoza a été l’objet d’accusations de nature théologique en raison de son déni de la mort de l’âme.

Spinoza fait un enquête sur le «vrai Bien». Recherche vers la connaissance. Orientation pratique.

Projet de recherche de la connaissance de Spinoza : permettre aux hommes de vivre une vie vertueuse.

Procédure : produire la logique des vérités. Propositions qui s’appuient et renvoient aux propositions/principes précédentes. Ces principes et propositions sont enrichies de scolies et de définitions, qui rendent moins sèches les démonstrations de forme géométrique.

Les premières vérités celles qui sont trouvées les premières, mais reposent sur autre chose. C’est ce chemin qu’il faut parcourir : découverte.

Spinoza a décidé de bâtir son argumentation sur une forme géométrique. La portée de Spinoza est morale et pratique, légèrement différente de celle de Descartes.

L’irrationnel a aussi ses propres lois ; l’entendement peut en produire une loi assez certaine.

La première partie, De Dieu, est consacrée à la métaphysique. Toute la matière n’est composée que d’une seule substance infinie, celle de Dieu ; rien n’existe en-dehors de cette substance. Toutes les différentes formes de matière découlent de changements dans cette seule substance.

La nature coïncide avec Dieu. L’être absolument infini. (Référence aux procédures par lesquelles la scolastique, avec Thomas d’Aquin notamment) avait démontré l’existence de Dieu.) Caractéristiques fondamentales du vivant.

Dans sa métaphysique, Spinoza se présente comme un philosophe qui a pris au sérieux les implications de l’infini communément attribuées à Dieu, mais que l’on avait entendues de façon incorrecte.

La premières partie de l’Éthique s’ouvre sur des définitions et des démonstrations fondamentales. Spinoza peut compter sur un large consensus. Ce qui est cause est cause de soi. Origine cartésienne.

L’entendement est la faculté de connaissance adéquate ; n’a pas d’éléments de subjectivité.

La définition VI veut éviter d’attribuer somme d’attributs à substances qui ne sont pas les mêmes.

La liberté chez Spinoza n’est pas opposée à la nécessité ; elle est plutôt opposée à la détermination par autre chose. Le seul être qui jouit d’une véritable liberté est Dieu. Dieu seul jouit d’une cause libre. Dieu est le seul être qui agit en vertu de la nécessité de sa propre nature.

L’éternité s’oppose à une chose qui a une durée.

L’effet suit nécessairement sa cause ; il n’y a pas d’événement contingent, sans explication avec la cause. L’effet est enveloppé dans la cause et en dépend strictement. Il y aurait contradiction si l’effet ne suivait pas la cause. On ne peut pas connaître l’effet sans en connaître la cause. Par exemple, on ne peut pas comprendre le triangle (effet) sans connaître sa définition (cause).

Ce qui valait pour Dieu est valable au niveau général.

Conséquences de l’infinité de Dieu. L’idée de l’infinité chez Dieu a toujours été présente chez les philosophes, mais toujours trahie selon Spinoza. La notion de substance a toujours pris un sens dont on n’a jamais voulu prendre conscience. Selon Spinoza, une substance n’est telle que si elle ne peut pas être causée par autre chose ; une substance doit nécessairement être cause de soi. Une substance créée serait en contradiction.

Une substance ne peut pas être produite par une autre substance. La substance est cause de soi et est nécessairement infinie.

Ce qui est entendu par soi est cause de soi ; ce qui est entendu par soi existe nécessairement.

L’existence d’une substance peut être tirée directement de sa proposition. Si la substance est par définition, c’est qu’elle existe par soi. On ne pourrait l’entendre par autre chose, voire on ne pourrait pas du tout l’entendre. Il s’ensuit qu’elle existe nécessairement. Ce qui est connu par soi entraîne nécessairement l’existence. Preuve a priori que nous connaissons par Descartes.

On pourrait compter au nombre des axiomes l’existence de la substance, mais Spinoza ne l’a pas fait. La substance ne peut être engendrée par autre chose ; Spinoza emprunte un chemin qui lui permettra d’aboutir à autre chose.

Deux substances ayant le même attribut seraient une seule et même chose. Il faut qu’il y ait une substance par attribut ; cet attribut doit être infini en son genre. Ne doit pas être limité par quelque chsoe qui est de la même nature.

3 démonstrations de la substance infinie dans le texte (preuves a priori).

Ce qui n’existe pas doit avoir une cause de sa non-existence. La non-existence de Dieu devrait être assurée par une autre cause, une cause qui lui serait extérieure.

Preuve ontologique : l’existence de Dieu est soit nécessaire, soit ontologique.

Il doit y avoir un être existant nécessaire. Ce qui est infini a une puissance d’exister également infinie ; donc doit exister nécessairement. Cette substance infinie est Dieu.

La substance infinie est la seule substance ; il n’y a qu’une seule substance. Une substance infinie est évidemment douée d’un maximum de déterminations. Comme c’est l’attribut qui détermine l’essence, la substance sera nécessairement dotée d’une infinité d’attributs.

La pensée et l’étendue sont les deux seules attributs que nous pouvons connaître, car ce sont les deux seules nature auxquelles notre nature participe

Entre la pensée et l’étendue, il y a la plus grande étendue possible : la distinction réelle.

Chaque attribut est concevable par soi ; plusieurs attributs peuvent exprimer la même substance, i.e. l’essence de cette substance (scolie de la proposition X).

Chaque attribut exprime entièrement la substance, mais sous une dénomination particulière.

Façon de concevoir la substance, abstraction faite de ses attributs. Pour Descartes, on ne pourrait jamais parvenir à une connaissance distincte de la substance.

L’idée d’attribut ne coïncide pas avec un seul attribut, mais avec une pluralité d’attributs. Sans ces attributs, la substance ne serait pas une notion pensable. Intrinsèquement liée à sa conception.

Appartenant à la même substance. Chaque attribut exprime en son genre la substance. Il y a un élément commun entre les attributs (p. 76).

La substance ne serait pas pensable sans ses attributs. Il existe toutefois quelque chose qui lie les attributs entre eux. Il y a le même ordre causal qui se reproduit dans l’étendue et dans la pensée. Deux chaînes causales qui peuvent être conçues indépendamment. Deux mélodies dans une chanson ou dans une version instrumentale. L’ordre se répète de façon identique dans les deux modalités.

Être infini, au-delà duquel il n’y a pas d’autre substance.

Exprimer la même nature, le même individu.

Dans la proposition XV, attribution de la propriété d’étendue à Dieu. Spinoza et Descartes sont d’accord pour dire que l’idée d’étendue est essentielle à la matière.

Spinoza s’oppose à la tradition théologique (relativement à l’étendue ?). Réfute les positions de ses adversaires : l’être fini ne peut être divisé en parties finies. Parties uniques et indivisibles. Si on pouvait diviser l’infini, on pourrait avoir soit deux parties finies soit deux parties infinies. Si elles étaient finies, elles ne seraient pas des substances. L’étendue aurait dû être indivisible (Descartes et Spinoza). Pour Spinoza, ce sont les modes qui peuvent être divisés. Spinoza ajoute une explication du penchant erroné qui nous pousse à croire que le pensant est divisible : usage de l’imagination plutôt que de l’entendement. L’imagination est incapable de saisir l’infini. Par conséquent, la matière dont l’on peut se faire une image mentale n’est qu’un agrégat des corps, n’est pas une véritable étendue.

Ceux qui font usage de l’imagination conçoivent donc les corps en agrégats, et donc comme étant divisbles.

Selon Spinoza, l’imagination a une vision superficielle de la matière, de l’étendue : façon dont la matière apparaît aux sens, perception sensible. Façon de concevoir la matière qui ne peut saisir la modification de sa substance, mais seulement modifications singulières. Il n’y a que l’entendement qui puisse saisir les changements de la matière.

L’imagination est donc un cadre très borné.

L’étendue ne devrait pas être divisble selon Spinoza (erreur de Descartes). Le fait qu’elle soit divisible n’est que la perception de l’imagination.

Même si l’on avouait que l’étendue était divisible, il faudrait au moins avouer qu’elle est éternelle et infinie. L’infinité est la vraie marque, la marque la plus authentique de l’époque moderne. L’infinité entraîne presque une divinisation de la chose.

Dieu coïncide avec la nature ; il est la cause immanente non transcendante du monde. Correspondance entre les corps et l’idée des corps, si bien qu’ils ne pourraient pas y avoir été produits.

Il y a un rapport nécessaire entre la cause et l’effet. Dieu est cause libre car n’est déterminé que sa propre nature à exister et à agir. Dieu doit agir de façon nécessaire, et pas seulement exister de façon nécessaire.

Pour Spinoza, volonté et entendement ne sont pas identifiables aux sens de Dieu, mais sont plutôt des conséquences de son essence (ne font pas partie de son essence), c’est-à-dire des modifications des attributs de sa pensée.

Les scolies de la proposition XVII s’attaque à ceux qui soutiennent la contingence. Sacrifier la puissance de Dieu au profit de son libre-arbitre. La puissance de Dieu est son essence même. (La puissance le distingue des conceptions de Malebranche).

Spinoza pense à Descartes même s’il ne le nomme pas.

Les pouvoirs de la volonté divine ne s’exprimaient que sur l’existence, et non sur les essences.

La théorie cartésienne du libre arbitre est celle que Spinoza considère comme la plus douce, la moins contraire à la raison, celle qui le dérange le moins. [LAQUELLE ???]

Ce qui est causé diffère de sa cause précisément en raison de sa cause (p. 43).

Problème avec proposition III : entre la cause et le causé, il doit y avoir quelque chose en commun. Pour Spinoza, ce problème n’en est pas vraiment un.

À la proposition XXXIII, Descartes n’est non plus un allié, mais un ennemi (p. 57). Le point de vue de Descartes est incorrect (selon Spinoza).

Il vaudrait mieux donner à Dieu une volonté indifférente.

Les essences suivent nécessairement de la nature divine. Les essences n’auraient pas pu être différentes de ce qu’elles sont. Elles dépendent de Dieu pour leur existence. Tentative de concilier liberté et nécessité chez Dieu.

D’un être infini et éternel s’ensuivent des choses finies et non-éternelles, dont nous faisons l’expérience avec nos sens.

Spinoza appelle mode ce qui suit Dieu et ce qui ne peut être identifié à sa nature ou ses attributs. De l’infini peut émerger le fini : mode infini immédiat. Les modes se distinguent des attributs car sont des déterminations, sont limités par rapport à l’infinité en son genre, typique de l’attribut. L’attribut est infini en son genre. Des modes infinis immédiats émerge une indétermination de l’immédiat.

Entendement et volonté ne font pas partie de l’essence de Dieu, mais sont des modes de la pensée ; ne feront pas partie de la nature naturante de Dieu.

Tous les modes finis, mais dans l’ensemble infinis. Passage du fini à l’infini accompli. On est passé de la Nature Naturante à la Nature Naturée, l’ensemble nécessaire de l’essence de Dieu.

De l’infini peut dériver exclusivement l’infini.

Dans les modes, il y a une chaîne causale d’êtres finis à d’autres êtres finis.

Dieu est toujours la cause immanente de choses singulières. Il y a toujours une cause immanente.

L’imagination a sa propre logique, peut produire son propre système de connaissance (idées erronées, mais logiques entre elles). Les préjugés finalistes selon lesquels les valeurs se retrouvent dans la nature.

Les notions de bien et de mal morales sont aussi subjectives que les qualités secondes (telles que le chaud et le froid). Le couple ordre-désordre était le couple le plus populaire de la pensée aristotélicienne.

Aux yeux de Spinoza, le finalisme est une doctrine est circulaire : l’interprétation finaliste de la nature implique l’existence des valeurs dans la nature, avec le finaliste comme seul en mesure d’expliquer ce qui est bon.

La difficulté du mal tombe dans la philosophie de Spinoza. Spinoza remplace le mal par la nécessité divine, si bien qu’il n’y a rien de bon ni rien de mauvais dans la nature. (Passage p. 67 où Spinoza s’affranchit de la conception du mal.)