Séance 6 : Spinoza (II)

La nature naturée découle de l’essence divine.

Mode infini immédiat.

Le mouvement ne fait pas partie de l’essence, mais en découle nécessairement. Le mouvement à partir de l’étendue soulève des difficultés.

Pour John Toland, il est impossible que le mouvement découle de la matière. Dans la matière, il y a toujours du mouvement et du repos. Il ne peut y avoir du mouvement seul, car serait le chaos. L’équilibre réside dans le rapport entre mouvement et repos.

Dieu est la cause tant de l’essence que de l’existence. Cette causalité n’est pas identique à celle dont dépend le mode infini. Pour mode fini, doit être en rapport avec d’autres modes finis. Dieu demeure cause immanente.

Cadre rigoureusement déterministe. Lien cause-effet : lien d’application logique. Irait contre la tradition si l’effet ne suivait pas la cause. Conception de la causalité que Spinoza utilise de façon générale ; théorie générale de la causalité. Nécessité de causalité du monde de la part de Dieu.

Pour Spinoza, dès qu’il y a un événement, sa conséquence doit suivre nécessairement. Tout ce que Dieu pense, il le produit.

Tous les êtres agissent de façon nécessaire chez Spinoza, même Dieu, qui est libre cependant par sa nature.

Les modes finis peuvent être pensés dans deux perspectives complémentaires :

Rapport des effets nécessaires.

Deuxième partie de l’éthique

Théorie de la connaissance spinozienne : comment l’âme connaît. Base de la théorie des passions, mais aussi prémisse importante pour la dernière partie de l’éthique, qui définit la béatitude selon Spinoza.

Explication des bases physiques des phénomènes physiques, cognitifs et émotifs qui serviront aux autres parties.

Présupposés métaphysiques de la théorie de la connaissance

Rien ne peut être compris sans Dieu. Les essences infinies n’appartiennent pas à Dieu.

Rapport entre substance infinie et modes finis : à la fois immanence et distinction

Il existe une distinction essentielle. Dieu ne serait pas Dieu s’il ne produisait pas tout ce qu’il produit. Ces choses qui émanent de Dieu ne sont pas Dieu, ne définissent pas sa nature infinie. Les choses sont en Dieu en tant que mode, en tant que fait.

Correspondance (parallélisme) entre corps et âme : identité dans l’ordre (cause-effet) des événements physiques et psychiques

Les corps émanent de Dieu de la même manière que les idées du corps. Spinoza se détache ainsi de la tradition théologique.

Entre les deux ordres, il n’y a pas de causalité réciproque ; il y a une discursivité dépendante.

Choses singulières : essence (singulière) éternelle + existence dans la durée

Distinction entre essence et existence. Mais ce qui est remarquable, c’est la conception de l’essence spinozienne différente de la tradition. Il y a exclusivement des essences individuelles. L’idée de l’homme implique l’idée d’essence aussi bien que l’idée d’existence.

L’homme n’est pas une substance, mais une modification des attributs de Dieu. Idée d’un mode qui existe dans l’étendue infinie. L’âme est une idée qui représente un corps déterminé ; l’âme, c’est l’idée d’un corps (le corps auquel elle correspond). On peut dire que l’âme humaine a des idées.

L’âme est l’idée du corps humain en tant que mode infini de la pensée. Dieu représente l’idée d’un corps humain. L’âme humaine a l’idée de son corps et d’autres corps aussi. Deux significations d’idée chez Spinoza.

Chez Spinoza, le rapport entre l’âme et le corps s’est construit autour de 3 présupposés :

Il y a donc deux ordres dans un même individu.

Matérialisme caché ? -> Non. On ne peut pas soutenir que Spinoza est un matérialiste.

Le parallèle du rapport esprit-corps permet à Spinoza de conserver deux considérations qui lui sont chères :

Conviction de la supériorité de l’âme par rapport au corps. Autre préjugé qui pèse sur l’acception de la théorie spinoziste : tendance à sous-estimer les capacités du corps. Spinoza dit que les hommes ne sont pas supérieurs aux animaux parce qu’ils ont une âme, mais parce que leur corps est plus complexe, plus articulé que le corps animal. Le corps humain peut plus que le corps animal ; par conséquent, l’âme humaine peut plus que l’âme animale chez Spinoza.

Correspondance entre éléments physiques et éléments psychiques. Tous les corps ont une âme (même les pierres et les arbres) car possèdent tous les modes de l’étendue. Il y a autant d’idées qu’il y a de corps. Étant donné la supériorité des corps, on peut aussi établir la supériorité des âmes. Spinoza évoque la hiérarchie entre les êtres. Certains êtres sont supérieurs par rapport à d’autres être car ont plus de réalité (voir proposition XIII).

Par réalité, Spinoza entend la même chose que perfection. Les conséquences plus radicales de cette hiérarchisation apparaissent dans la partie V de l’éthique : plus les corps possèdent d’étendue, plus les âmes en possèdent une aussi. La complexité de l’âme est donc déterminée par la complexité du corps.

La partie VII porte sur ce que les corps ont en commun. Corps simples, puis corps composés. Traitement du corps humain en particulier.

Quelles sont les conditions dans lesquelles un corps composé peut être considéré comme une seule chose ?

Garder une certaine proportion de mouvement et de repos. Rapport particulier mouvement-repos qui distingue un corps complexe des aures corps complexes. Spinoza appelle chose singulière une chose tenue ensemble par un rapport constant entre mouvement et repos.

Le corps humain garde une certaine identité même si la matière qui le compose varie, change continuellement.

Connaissance inadéquate (à partir de la proposition XIV). Pour comprendre la connaissance inadéquate, il faut définit ce qu’est pour Spnoza une idée adéquate. À la différence d’une idée vraie (qui correspond à son objet), une idée adéquate a toutes les propriétés de l’idée vraie mais sans avoir sa correspondance avec l’objet. Une idée est adéquate lorsqu’elle nous permet de déduire ce que l’idée représente. Une idée adéquate est une idée complète, qui permet de déduire toutes les propriétés que cette idée représente.

Pour Spinoza, nous pouvons avoir des idées adéquates.

Dans la proposition XVI, Spinoza explique que des idées sont adéquates en Dieu parce qu’en plus des idées de corps humains, Dieu a aussi les idées d’autres corps. Idées qui peuvent ne pas être présentes dans l’âme humaine. C’est ce qui fait que la connaissance humaine soit inadéquate.

La connaissance inadéquate implique la connaissance sensible et la connaissance imaginative.

Perception des corps externes ne nous disent pas comment les corps sont en eux-mêmes, mais seulement comment ils apparaissent. Les seuls corps dont l’existence est assurée par la perception sensible sont les corps propres (proposition XIII).

Connexion causale entre les choses.

L’imagination est passive et passablement variable selon les individus.

Au niveau de la connaissance inadéquate, l’âme n’a pas une connaissace adéquate des autres corps, mais ne connaît même pas bien son propre corps, car ne le connaît que par les affections.

Que faut-il pour avoir la connaissance d’un corps ? Il faut avoir l’idée des affections, mais aussi des composants. Il faut avoir l’idée des corps externes qui affectent le corps en question. Dieu peut connaître la vraie nature du corps humain, précisément parce qu’il a l’idée de ce qui compose le corps humain ET des corps qui interagissent avec lui.

L’âme ne peut avoir une connaissance scientifique du corps dont elle est l’idée, car n’a pas une idée des corps qui sont en rapport avec ce corps.

L’âme n’a pas la possibilité d’avoir accès à elle-même. En tant qu’idée de son corps, l’âme ne connaît que ses propres perceptions, donc ne connaît pas sa nature.

Il n’y a pas de place pour la conscience en tant que voie d’accès à l’âme, le fait de savoir le savoir, idée de l’idée. Il n’y a rien de plus que ce qu’il y a déjà dans l’idée : si l’idée est inadéquate, l’idée de l’idée sera forcément inadéquate aussi.

Caractéristiques de l’imagination

L’imagination opère toujours sur des idées [], car opère sur des mélanges dans la temporalité, ce qui empêche de connaître la chaîne causale entière. Rapports cause-effet sur la totalité des corps.

Subjectivité dépendant du corps percevant.

Incapable de produire une connaissance organisée. L’imagination a sa propre logique. L’imagination n’est pas un assemblage des connaissances qui n’ont pas de révélation comme telle. Le savoir imaginatif est subjectif, mais n’est pas créé librement. Partie de l’âme qui a le plus de passivité. Il n’y a pas que l’aspect fini.

L’imagination produit toujours une connaissance mutilée, une connaissance inadéquate. Parmi les erreurs qu’elle fait comme cause, certaines relèvent d’un jugement erronné. Pour Spinoza, l’erreur dépend toujours de ce que l’âme ignore, ne dépend pas de ce que l’âme connaît.

D’autres idées s’ajoutent à l’idée de départ et permettent de corriger le jugement. On se trompe parce que l’on n’a pas assez d’idées.

Chaque idée implique pour Spinoza un jugement déterminé, un jugement vrai.

Spinoza se distingue de Descartes, qui veut nier les éléments d’affirmation et de négation .

C’est la puissance du divin qui permet de ne pas se tromper. La présence du vrai fait elle-même reconnaître la fausseté d’un jugement. La perception n’est jamais fausse en elle-même.

Il faudrait toujours d’autres idées, d’autres connaissances pour éviter de se tromper. La suspension du jugement (le doute) est conséquence de l’ajout de toute idée aux idées mutilées qu’on possédaient déjà.

Descartes aurait confondu les images et les pensées, ce qui l’aurait conduit à penser que les idées sont des «peintures muettes», si bien qu’elle n’impliquent pas de jugement. (Passage p. 127)

Négation du libre-arbitre.

Trois genres de connaissance

L’âme humaine peut avoir des idées adéquates (p. 105).

Imagination/opinion

Induction. Connaissance sensible, imaginative. Choses singulières. La connaissance imaginative est sujective.

Raison

Déduction. La raison se caractérise comme pensée discursive. Se dit comme pensée générale. Peut décrire propriétés communes à tous les êtres ; propriétés générales. Propriétés physiques communes à toutes les choses (c’est le cas notamment de l’étendue et du mouvement).

Construire la chaîne déductible de la connaissance vraie : déduire ce que les corps ont en commum. Premier niveau de la connaissance adéquate. Connaissance universelle qui procède par déduction et argumentation qui parle de vérité première, irréductible à autre chose. Il y a un autre genre de connaissance adéquate : la connaissance intuitive.

Science intuitive

Intuition. Connaissance immédaite (non discursive) : c’est ce qui la distingue de la raison. A pour objet les choses singulières, du point de vue de leur rapport avec Dieu. Perception rationnelle directe.

Perspectives de durée et d’éternité

Comment peut-on avoir accès à la connaissance adéquate (selon Spinoza) ? Tous les corps possèdent certaines propriétés, qui sont les propriétés physiques, qui ne rencontrent pas les obstacles de la connaissance imaginative. Ne sont pas affectés par la déformation sensible.

La clé pour avoir accès à la connaissance adéquate se trouve dans la connaissance sensible.

Spinoza croit que l’homme est capable de la connaissance adéquate du divin.

L’idée de chaque corps, chaque chsoe singulière, implique nécessairement l’essence éternelle et infinie de Dieu. L’essence de Dieu est une propriété commune à tous les corps. Dieu peut être connu par tout le monde, par des notions et des actions communes.

Cela ne vaut que lorsque l’on a une idée des choses particulières.

Si on connaît une chose du point de vue de l’éternité, on la connaît comme conséquence nécessaire de la connaissance divine. Loi qui régit l’éternité du repos des corps.

Il faut considérer la partie de l’âme qui se trouve dans l’éternité.

La connaissance adéquate est éternelle aussi. Pour cette raison, elle est accessible exclusivement à la raison et à l’entendement. Une partie de l’âme correspond à une partie éternelle du corps, c’est-à-dire à l’essence du corps.

L’âme est l’idée du corps : elle aura à son tour une idée du corps existant dans le temps et une idée du corps sub specie alternitatis.

Corps :

Âme (idée du corps) :

Quelques références contemporaines en lien avec Spinoza