Consignes sur le devoir maison

Repoussé d’une semaine (remise le 28 février).

Raisonnement philosophique sur le lien entre droit et moralité.

Qualité de l’argumentation (45v %) : écrire de manière claire (clarté).

Mobilisation et compréhension (45 %) : matière considérée en classe.

Qualité de la langue (10 %) : relire ses réponses.

Thoreau et la désobéissance civile

The Queen v. Dudley and Stephens

Le tribunal doit déterminer si Dudley et Stephens peuvent légitimement employer l’idée de nécessité afin de défendre leurs actions.

Préserver sa vie est un devoir naturel, mais celui de sacrifier sa vie est encore plus important que le devoir de préserver sa propre vie.

Il y a des limites au devoir de préserver sa propre vie.

Dudley et Stephens sont jugés coupables de meurtre (mais uniquement condamnés à 6 mois de prison).

Questions à discuter :

Désobéissance civile et objection de conscience : éléments de définition

Désobéissance civile : acte politique publique non violent, mais contraire aux lois, visant généralement à provoquer un changement légal ou politique. Manifestation illégale. Ex. Manifestations du Printemps érable.

Objection de conscience : le refus personnel d’obéir à une loi ou une directive provenant d’un agent de l’État motivé par des convictions morales ou religieuses personnelles. Ex. Le refus de combattre dans l’armée; le refus de payer ses impôts.

Vie et œuvre de Thoreau

Thoreau est un philosophe et poète américain associé au mouvement philosophique transcendentaliste.

Dans son œuvre majeure Walden, ou la vie dans les bois, il prône un retour à la nature qui nous mènera selon lui à la vérité philosophique. (Autre vision pour qui l’humain devient mauvais en société : Rousseau.)

La nature est un étalon de mesure qui nous permet de critiquer les conventions sociales existantes.

Ces idées le mènent à développer une pensée politique radicale et à défendre la désobéissance aux lois et aux gouvernements injustes.

Thoreau fut un ardent pourfendeur de l’esclavagisme.

Thoreau et la désobiésisance cvile : respecter le bien plutôt que la loi

Thoreau milite généralement en faveur de la désobéissance civile, mais refuse de se dire anarchiste.

Je réclame dans l’immédiat non pas la disparition du governement, mais son amélioration.

Je cherche (…) une excuse pour me conformer aux lois du pays.

Thoreau ne considère pas qu’il existe une obligation d’obéir à la loi en général. Chaque citoyen peut se servir de son jugement moral pour déterminer si, dans un cas particulier, il faut obéir ou désobéir à une loi particulière. «Il importe moins de cultiver le respect de la loi que de le cultiver envers le bien.»

Le gouvernement qui gouverne le mieux est celui qui gouverne le moins.

Scepticisme; mouvement libertarien.

Thoreau : comment justifier la désobéissance civile

Thoreau est d’avis que bien souvent, la loi ne rend pas les hommes justes, mais transforme les hommes en agents de l’injustice. S’associer à un gouvernement injuste revient selon lui à se déshonorer.

Sa justification de la désobéissance civile n’est pas utilitariste, dans la mesure où il défend l’existence d’obligations morales absolues.

Comment désobéir?

Thoreau critique généralement ce qu’il désigne comme la «résistance passive», qui est à son sens une fausse résistance.

Ex. actions inefficaces : voter pour le gouvernement juste, s’adonner à des actes de philanthropie.

Il se montre souvent suspect quand à la fécondité des actions collectives et fait l’éloge d’actes individuels qui se rapprochent davantage du concept d’objection de conscience que de celui de désoéissance civile.

Ex. homme isolé dans les bois et possédant peu de biens; de la critique de l’accumulation de la richesse.

La solution de Thoreau : refuser de payer ses impôts (ne pas financer un gouvernement injuste); on n’a pas à partager ses biens avec un tiers-parti si ce parti ne va pas dans le sens de bien commun.

Une révolution pacifique?

Thoreau décrit l’action suivant le juste comme étant essentiellement révolutionnaire.

Il caractérise le plus souvent la révolution dont il est ici question comme une révolution pacifique.

Résistance non violente (révolution pacifique) : refuser d’acquitter ses impôts (massivement).

Thoreau pourrait être vu comme un libertarien (bien qu’il ne corresponde pas tout à fait à la définition contemporaine du libertarien).

L’action violente est-elle légitime?

La pensée de Thoreau fait également surgir la question de savoir si une révolution violente est susceptible d’être légitime, ce qu’il ne nie pas explicitement.

Mais supposons même que le sang coule. N’y a-t-il pas une sorte d’effusion de sang quand la conscience est blessée? Par cette blessure fuient la véritable humanité et l’immortalité de l’homme, et il saigne jusqu’à connaître une mort éternelle. Ce sang, je le vois couler en ce moment.

Dans quelles circonstances une action légime est-elle violente?

Phénoménologie de la prison

Dans le texte de Thoreau, on trouve une description de la prison comme lieu où se rencontrent les hommes justes qui se désobéissent.

La prison est, selon Thoreau, le symbole de l’aveuglement de l’État, qui pense gouverner les prisonniers, mais qui ne gouverne en fait que leur corps, et non leur intelligence.

Selon Thoreau, celui qui vit justement et qui possède peu de biens tolère beaucoup mieux la prison. Il n’a rien à perdre.

Thoreau va jusqu’à défendre le pouvoir transformateur de la prison : celui qui l’a vécue n’aura plus peur de désobéir.

Conclusions : quelques questions que la réflexion de Thoreau fait surgir?

Le devoir d’obéir a la loi : principaux arguments et objections

Qu’entend-on par «devoir d’obéir à la loi»?

Devoir moral : il s’agit de déterminer s’il existe une obligation morale d’obéir à la loi.

Devoir général et universel : l’objectif est de démontrer l’existence d’un devoir, pour toutes les personnes se trouvant sur un territoire, d’obéir à l’ensemble des lois s’appliquant sur ce territoire.

Devoir indépendant du contenu des lois : l’idée est de démontrer qu’il existe un devoir d’obéir à la loi simplement parce qu’elle est loi, quel que soit son contenu.

Catégorique : le devoir d’obéir à la loi ne dépend pas des fins visées par les personnes à qui ce devoir incombe.

Pro tanto (certains philosophes disent prima facie) : (important à comprendre) il s’agit d’un devoir qui entre en concurrence avec d’autres devoirs auxquels il peut être légitime d’accorder la priorité.

On peut avoir un devoir moral d’obéir à la loi. S’il y a deux devoirs qui entrent en concurrence, on peut se demander qu’est-ce qui nous obligerait a priori d’obéir à une loi.

Première justification : les avantages qui résultent du droit justifient le devoir d’obéissance à la loi

Argument de la gratitude : les personnes qui profitent des avantages provenant de l’existence d’un État de droit ont un devoir de gratitude envers cet État, et le meilleur moyen de témoigner de cette gratitude est d’obéir à la loi. En ce sens, celui qui n’obéit pas à la loi est injuste envers l’État (d’autres diront injuste envers nos pairs).

Objections :

Justification #1 : l’argument de l’équité ou du fair-play. Le fait que mes concitoyens obéissent à la loi crée d’importants avantages pour moi. Je serais injuste envers eux si je n’obéissais pas à la loi dans la mesure où je ne contribuerais pas à la création de tels avantages et je créerais des désavantages pour eux. (Vivre sous un système juridique implique que l’on ait des avantages.)

Objections :


Justification #2 : l’argument de la résidence volontaire. Locke soutient, dans le Second traité de gouvernement civil, qu’en choisissant de demeurer sur un territoire, je consens implicitement à obéir aux lois s’appliquant sur ce territoire.

Objection : il semble que je sois généralement tenu d’obéir aux lois même lorsque je me trouve sur un territoire de manière non volontaire (limite possible).


Justification #3 : argument du vote. En posant une action comme celle qui consiste à voter, je participe de facto au gouvernement d’un territoire, et je reconnais ainsi la légitmité des lois créées par ce gouvernement s’appliquant sur ce territoire.

Objection : on considère habituellement que tout individu se trouvant sur un territoire, et non seulement ceux qui possèdent le droit de vote, possède l’obligation d’obéir à la loi.

La justification utilitariste

Argument de l’utilitarisme des actes : toute personne possède l’obligation de poser des actions qui maximisent l’utiilté. Or, respecter une loi est un acte qui maximise l’utilité.

Objection : il existe plusieurs situations dans lesquelles ne pas obéir à la loi maximise l’utilité.

Argument de l’utilitarisme des règles : toute personne possède l’obligation de respecter les règes dont le respect maximise l’utilité. «*Obéis à la loi*» est une règle dont le respect maximise l’utilité.

Objection : il n’est pas certain que la règle «Obéis à la loi» soit préférable à la règle «Obéis uniquement à la loi lorsque la loi est juste».

Justification : l’obligation d’obéir à la loi comme constituve de l’identité de membre de la communauté

Argument de l’obligation constitutive : certaines identités pratiques possèdent des finalités qui leur sont intrinsèques, et ces finalités créent des obligations. De la même manière qu’un pompier possède l’obligation d’éteindre des feux et qu’un père de famille possède l’obligation de veiller au bient-être de ses enfants, un membre de la communauté politique a l’obligation d’obéir à la loi. Contribuer au bien commun en respectant les lois.

Objections :

Conclusion : rejeter l’idée que nous avons une idée d’obéir à la loi?

Smith n’est pas convaincu par aucune de ces justifications. Selon Smith, nous devrions généralement rejeter l’idée qu’une action est mauvaise parce qu’elle est illégale. Le caractère légal/légal n’a aucune importance pour Smith sur la moralité d’une action (si on devrait poser l’action ou non).

Les actions ne sont jamais mauvaises pour des raisons légales, mais toujours pour des raisons morales.

Lorsque nous ne connaissons rien au sujet d’une action excepté son caractère légal ou illégal, nous devrions attendre d’en savoir plus avant de déterminer si nous avons ou non une raison de la poser.

Le fait qu’une action soit illégale ne compte même pas comme une raison de ne pas la commettre.

Hayek : une des raisons pour lesquelles on devrait accepter le capitalisme (et ne pas laisser trop de place à l’État pour intervenir) c’est que l’économie est d’une complexité qui le dépasse.

L’objection de conscience et la désobéissance civile : étude de cas

Clay (Muhammad Ali) v. United States

Clay s’oppose à la conscription qui l’oblige à aller combattre au Vietnam en tant que soldat dans l’armée américaine.

Il se présente comme un objecteur de conscience aux motifs religieux.

Les juges des circuits inférieurs ont argumenté qu’un individu doit répondre à trois critères pour être considéré comme un véritable objecteur de conscience :

Clay ne satisfait pas le remier critère, dans la mesure où il s’appuie sur les enseignements d’une organisation islamique (Nation of Islam) qui ne rejette pas toute forme de guerre (étant donné la doctrine du «jihad»).

Il existerait un type de guerre pour lequel Clay ne serait pas opposé à combattre (en vertu de la doctrine du jihad).

Les juges de la Cour suprême tranchent en faveur de Clay, en se fondant sur l’idée que le premier des trois critères est illégitme. Pour obtenir le statut d’objecteur de conscience, un individu sincèrement motivé par des convictions religieuses ne doit pas forcément être opposé à toute forme de guerre.

Le jihad est l’équivalent musulman de la « guerre justice », comme on l’appelle en Occident. Ni Clay ni Ntegre ne devrait être punis parce qu’ils refusent de renoncer à la « vérité » de l’enseignement de leur église respective (…) En somme, le témoignage de Clay indique que ce dernier ne croit qu’à la guerre sanctionnée par le Coran (…) Cela est une question de croyances, de conscience, et des principes religieux.

Aujourd’hui, on ne considère pas que les croyances de nature religieuse, mais les croyances d’horizons plus larges.