Patrizia Lombardo : Empathie et simulation

Contrairement à Stendhal et à Flaubert, qui se méfient de l’identification, Lombardo souligne l’importance d’impliquer les émotions : mouvement de sympathie.

La fiction comme expérience de pensée : le mouvement de sympathie implique l’imagination.

… il sera opportun d’analyser des œuvres littéraires en dégageant leurs présupposés esthétiques, car la littérature offre un champ très riche d’intuitions et d’analyses anticipant des théories philosophiques et psychologiques.

Le philosophe Friedrich Theodor Vischer s’intéresse non seulement à l’association d’idées entre une forme et son contenu – par exemple, al ligne horizontale donne une sensation d’ampleur – mais surtout à ce qu’il appelle une fusion directe (Vershmelzung) de notre représentation avec la forme de l’objet, ainsi que nous pourrions le faire avec une personne.

Distinction entre empathie perceptive et empathie cognitive ou simulation.

La réflexion l’empathie doit s’appuyer sur une conception des affects humains.

2 voies de compréhension des affects humains :

Platon condamne les passions (cf. Phèdre), alors qu’Aristote en montre la valeur positive (cf. Éthique à Nicomaque). Les émotions ne nuisent pas à la raison, mais favorisent la formation d’une partie importante des facultés rationnelles : la passion nous modifie, produit des différences dans nos jugements et engendre peine et plaisir (colère, pitié, crainte, etc. et leurs contraires).

Les œuvres poétiques doivent produire un effet sur l’âme du spectateur éthique.

L’œuvre tragique/poétique doit nous faire ressentir quelque chose.

Kendall Walton : la fiction envisagée comme un comme si, des quasi-émotions (make-believe emotions, pretend emotions).

Entre les différentes perspectives, Lombardo relève que les philosophes «émettent des idées fondamentales pour l’analyse esthétique (et pas seulement esthétique).»

Ils permettent de confirmer qu’il existe un rapport étroit entre la raison et l’émotion. De plus, ces philosophes s’interrogent sur la valeur de l’expérience esthétique telle qu’elle peut être vécue par un public général, et non seulement par les critiques de profession – ce qui est souvent une limitation des théories littéraires et artistiques qui négligent la réception la plus commune de l’art.

Hallucination et imagination : Flaubert et Stendhal

Différentes branches de la philosophie (dont la logique et métaphysique) et deux branches relatives à la psychologie :

  1. La logique ou les recherches sur la manière de ne pas se tromper en raisonnant, et l’art de ne pas se tromper fondé sur cette science.
  2. L’explication et la connaissance de Dieu.
  3. L’explication de la connaissance de l’âme.
  4. L’explication de ce qui se passe dans le cœur de l’homme quand il éprouve une passion : l’ambition, la vengeance, etc.

Stendhal refuse l’identification platonicienne.

Beyle : absurdité des règles classiques de l’unité de temps et de lieu, «et surtout de ce qu’elles supposent en imposant au temps représenté dans la tragédie de se rapprocher le plus près possible de la durée réelle du spectacle».

Stendhal : c’est lors de rares moments fugaces que le spectateur accède à des «moments délicieux» d’illusions parfaites, qui «durent infiniment peu, par exemple une demi-seconde ou un quart de seconde». Ces moments n’arrivent pas dans les scènes les plus spectaculaires, mais à certains points «où les émotions sont suggérées par le langage le plus simple et le plus ordinaire dans la vie des êtres humains», que dans «la chaleur d’une scène animée, lorsque les répliques des acteurs se pressent».