Le beau et le sublime entre autonomie esthétique et expression morale (Kant) – L’éducation esthétique (Schiller)

Les concepts kantiens sont incontournables en esthétique.

Kant est considéré comme le fondateur de l’esthétqiue moderne. Kant est révolutionnaire lorsqu’on regarde vers l’arrière : il apporte une nouvelle façon de penser. Il est à la fois d’avant-hier et d’après-demain.

Kant n’invente pas la perspective esthéticienne, mais il l’inaugure. Séparation morale forte d’une littérature émancipée.

L’autonomie de l’art, c’est l’autonomie de la sphère esthétique, voire vis-à-vis d’autres sphères de la société.

x est beau

Kant : réfléchir à la validité de l’expérience esthétique. Sur quoi est fondé ce jugement?

« Beau » : relation, jugement de plaisir/déplaisir au spectateur. La beauté est faussement attribuée à l’objet (x). Jugement empirique, généralisation?

A priori : universel et nécessaire; condition universelle et nécessaire à la connaissance.

Le travail du philosophe transcendantal est d’aller plus loin que le psychologue, le logicien, en questionnant l’origine de nos connaissances en questionnant nos validités *a priori*.

Les jugements esthétiques tendent à une validité universelle. On ne dit pas simplement quelque chose du genre « cela me fait plaisir » ou « cela m’est agréable »; on dit autre chose.

Ce n’est pas simplement une théorie esthétique (il y en a eu plusieurs); la théorie kantienne veut plus que ça.

1787 : critique du goût. Criticisme (taste); critique du sentiment de plaisir/peine.

Selon Mendelssohn, il y a 3 facultés de l’âme :

Critique du goût : jugement sur la beauté (selon Kant).

3 critiques de Kant :

La biologie est une « extension » de la physique, de la nature (on ne parvient pas à tout expliquer la nature à partir de la physique). La beauté est une autre façon de considérer la nature.

La faculté de juger se divise en 2 :

analytique du beau

analytique du sublime

déduction des jugemenst analytiques du beau

L’objet de base du jugement de goût est le sublime. On ne met pas l’accent sur les expériences, mais sur le jugement.

Idée de base : tous les jugements de goût sur la beauté sont subjectifs (reposent sur sentiment plaisir/peine) mais aspirent à une portée universelle. Qu’est-ce qu’un jugement esthétique?

Un jugment peut être logique ou esthétique (distinction de départ). Jugement qui attribue à un prédicat un concept reposant sur des prédicats.

Jugement logique :

La neige est blanche

Jugement esthétique (sentiment) :

La neige est belle

La beauté ne peut jamais devenir un concept; c’est un jugement qui passe par l’expérience.

Autrement dit, la beauté c’est du sentiment projeté sur la chose.

Jugement :

Contrairement aux jugements par les sens, il y a des principes a priori en jeu.

L’attitude esthétique accueille le divers de l’expérience sans décider d’avance de la signification de ce que l’on perçoit, sans la faire entrer dans une catégorie, sans l’orienter à l’avance.

Théorie kantienne de l’expérience : le jeu des facultés

Résume d’un certain état des facultés. Jeu ou harmonie des facultés.

Les facultés en question sont les facultés de connaître, les facultés de connaissance.

La théorie de la beauté est liée à la faculté de connaître des choses, à la représentation que l’on a des choses.

Imagination : synthèse, composition. Appréhension. L’entendement apporte l’unité : l’unité, c’est l’unité du concept. L’entendement guide l’unité de la synthèse par le concept.

Par opposition, juger que quelque chose (ex. une tulipe)

Il n’y a pas de contrainte préexistante dans le jugment. Il faut donc penser une sorte de jugement sans concept; un jugement qui reste toujours subjectif : jugement subjectif réfléchissant.

La théorie que Kant déploie pour expliquer ça est la théorie du jeu libre. L’entendement est présent, mias joue une rôle non contraignant.

Le plaisir vient exactement de l’harmonie non conceptuel des facultés. Les facultés sont mises en rapport mais sans conception a priori. Le jugement intervient entre l’imagination et l’entendement. Schématise sans concept.

Imagination \
     ^       \ 
     |        ›Jugement
     v       / 
Entendement /

Légalité. Jeu : travail, jeu de l’imagination dans l’expérience esthétique. L’imagination fait l’épreuve de sa propre liberté; fait preuve qu’elle n’est pas soumise aux lois régulières des concepts, arrive à s’en arracher.

L’art sérieux transforme le jeu en concept.

Approche analytique du goût : qualité, quantité, fins et modalité.

Le jugement esthétique prétend avoir une validité objective (reposer sur des principes a priori).

Ce jugement repose sur une satisfaction désintéressée.

Kant reconnaît en fait 3 sortes de satisfactions :

L’Agréable plaît à nos sens par leur satisfaction : soleil, bleu du ciel, etc. L’objet cause la satisfaction en agissant sur notre sensation.

Le Bon (Bien) peut être :

Le Beau plaît (vs l’agréable qui « fait plaisir » – nuance).

Attrait → agréable

Émotion → sublime

Attitude désintéressée : en principe, la beauté ne repose pas sur un intérêt.

L’intérêt personnel ne doit pas intervenir.

L’art, la littérature ne doit pas reposer sur une morale – Kant n’accepte pas cela.

C’est par son autonomie et par sa spécificité que le jugement esthétique peut contribuer à la beauté esthétique. Schiller : c’est par son autnomie que la littérature peut apporter sa contribution morale.

Finalité sans fin

Idée : la beauté est liée à la notion de perfection.

(Ce n’est pas vrai de tout le monde au XVIIIe siècle.)

La beauté est liée à ce qu’une chose doit être. La connaissance esthétique serait une connaissance intuitive de quelque chose.

Kant dit que la perfection ne relève pas de l’esthétique, mais du jugement subjectif que l’on porte. Plaisir lié à une connaissance (qu’elle soit confuse, préconceptuelle, etc.) Il ne faut pas confondre beauté et perfection.

Le jugement juge de la finalité de la représentation d’un objet, ou de la représentation par laquelle cet objet est donné. La finalité de la représentation, la finalité subjective est causée simplement par le rapport des facultés.

L’accord de la forme de l’objet avec nos facultés de connaissance, nos facultés de représentation.

Pourquoi finalité? Pour une raison bien simple : la finalité est une cause naturelle. C’est ainsi que nous nous concevons les choses (causalité → effet → finalité).

C’est comme si l’objet était adressé à nos facultés de connaître; comme si le monde était fait pour convenir à nos attentes, à nos sensations.

Finalité formelle, fome de la finalité. Dès qu’un concept intervient, on n’est plus dans un rapport de perfection; finalité sans fin. Simple forme par laquelle la finalité est donnée.

Distinction entre beauté libre et beauté adhérente

Ce qu’on appelle souvent de la « beauté » est en fait de la beauté adhérente : beauté liée à un concept, à une fin.

Caractère a priori du jugement de goût

Universalité (Quantité)

Nécessité (Modalité) : exemplaire; nécessité en tant que le jugement se veut l’exemple d’une règle a priori, dont on ne peut pas donner de formulation.

Le jugement de goût est caractérisé par l’universalité esthétique (du moins tend vers l’universel) mais le jugement esthétique est toujours singulier. Cependant, dans ce jugement singulier, on dit aussi que « tout le monde devrait penser comme moi ».

Je suis libre par rapport à ma représentation. Liberté.

Devoir (Sollen), obligation.

« Dialectique du désintéressement »

(L’expressio est d’un commentateur américain, Paul Guyer)

Lien entre autonomie esthétique et tâche globale de mettre l’art/beauté/etc. au service de l’éthique. Le jugement déinstéressé peut intéresser la morale. L’autonomie esthétique peut nous intéresser pour des motifs plus élevés.

Condition esthétique : toute expérience de réception artistique doit se soumettre à la condition esthétique.

Comment un jugement esthétique pur peut-il être mis au service de la morale?