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Séance d’introduction

Les pièces sont écrites par les dramaturges avec un espace en tête, en tenant compte de la représentation matérielle. Les acteurs sont parfois connus d’avance (Molière savait quels étaient les acteurs qui allaient jouer sur scène).

La plupart des salles à Montréal auraient en moyenne 250 places (selon Jean-Marc Larrue).

Qu’est-ce qu’être Québécois?

On peut y réfléchir à partir du lieu de naissance, de la langue parlée, de la religion

L’appellation a changé avec le temps1.

Deux désignations possibles (avec une différence typographique) :

Anecdote : Jean-Marc Larrue souhaitait faire une recherche sur le théâtre au début du XXe siècle. Son professeur, l’un des seuls spécialistes du théâtre québécois à l’époque, lui a dit qu’il « perdrait son temps », puisqu’il n’y aurait supposément rien à étudier. Pourtant, Jean-Marc Larrue remarque des inscriptions historiques sur des bâtiments (1916, 1922, …) qui étaient des théâtres. Était-ce possible qu’il n’y ait pas de théâtre, alors que de nombreux bâtiments pouvaient en accueillir?

Jean-Marc Larrue est tombé sur un livre écrit par Franklin Graham, qui a consigné des dizaines, voire des centaines de représentations autour du début du XXe siècle2.

Cette anecdote témoigne de la distinction entre la posture architecturale (demeurée présente) et la posture intellectuelle (on n’a pas considéré le théâtre qui se faisait auparavant, car regardé comme non digne de mention).

L’ancien professeur de Jean-Marc Larrue souhaitait qu’il travaille sur Marcel Dubé, l’un des plus grands dramaturges québécois.

Qui est le premier grand dramaturge québécois? Spontanément, on répondrait Michel Tremblay (avec ses Belles-sœurs, écrite en 1965 et jouée en 1968).

Comment appelle-t-on le théâtre au Québec avant 1968?

On ne l’appelle pas; alors il n’existe pas (puisqu’on ne le nomme pas).

Pourtant, il y a toujours eu du théâtre en Italie (même avant que l’Italie n’existe comme tel); Goethe n’a pas vécu en Allemagne en tant que telle (pourtant, on lui revendique sans problème l’identité allemande).

Il faudrait, selon Jean-Marc Larrue, réhabiliter le « théâtre québécois », avec le petit « t » et le petit « q ».

Le théâtre québécois identitaire serait né dans les années 1960, mais n’aurait pas duré très longtemps – jusqu’à 1980 tout au plus. Pour Jean-Marc Larrue, ce théâtre identitaire (tantôt relayé par Gaston Miron et quelques autres auteurs phares) serait mort à partir de 1980 (année du premier référendum, pendant laquelle il y a eu beaucoup de mouvement). En lisant les textes, on constate « qu’on a passé à autre chose ».

Le « théâtre québécois » (en minuscules) référerait simplement au théâtre fait au Québec.

À partir de 1980 (dans les arts et la culture), on pourrait parler de postmodernité.

Le théâtre québécois serait un théâtre « postmoderne ».

La mort d’un mouvement se manifeste lors de son déclin, lorsqu’il cesse de produire des choses nouvelles, qu’il se répète. Au Québec, la fin de la postmodernité pourrait être signée par le deuxième référendum de 1995.

La postmodernité est, certes, ce qui vient après la modernité (post), mais aussi en ce qu’elle est contre le mouvement qui l’a précédé.

L’avant-garde consiste en la formation de groupuscules d’artistes, dont l’activité préfigure à un mouvement qui prendra plus d’ampleur plus tard. C’est un concept spécifique à la modernité.

Pour parler de l’époque, on pourrait simplement parler d’« extrême-contemporain » (ce qui est correct, considérant le cadre temporel qu’il représente, et non les idéologies qu’il pourrait trahir, comme l’« hypermodernité centrée sur l’ego »).

La troupe lituanienne d’Avant-garde qui présente une pièce de deux heures et demie dans les années 1920 au Monument-National à Montréal, dans laquelle on n’y prononce que vingt mots, n’appartient certainement pas à la modernité traditionnelle – car le théâtre de la modernité est un théâtre de texte.

1880 est une année charnière pour la naissance du théâtre québécois francophone : des gens s’allient pour créer une industrie théâtrale assumée, à part entière.

Pour résumer :

Ces périodes historiques seront néanmoins à revoir (par exemple, Jean-Marc considère que le théâtre québécois et la postmodernité appartiennent à une même catégorie, et que la postmodernité arriverait après la Deuxième Guerre mondiale).

Nous vivons dans une époque d’extrême-contemporanéité, dans une époque qu’on pourrait qualifier de remarquable : explosion du nombre d’auteurs, diversification des pratiques, possibilités éclatées grâce au numérique, théâtre des femmes (en forte croissance).

Le théâtre de femmes est particulièrement florissant depuis 4-5 ans (même si les femmes ont écrit depuis longtemps, elles n’ont simplement pas été mises de l’avant, et sont donc passées inaperçues).

Le théâtre québécois est particulièrement dynamique et innovateur, faisant même l’envie de collègues anglophones (cf. Jean-Marc Larrue). C’est d’ailleurs un théâtre plutôt subventionné.

Notes


  1. Un bon exemple, selon Jean-Marc Larrue, est le « Québécois » tel que représenté par le Parti québécois. ↩︎

  2. On peut d’ailleurs retrouver le livre numérisé ici : https://archive.org/details/HistrionicMontreal/page/n25 ↩︎