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BROUILLON

Fondement de l’institution théâtrale et pré-modernité de la scène au Québec de 1880 à 1920.

Quelques mots sur Aurore

Aurore est l’une des pièces les plus jouées de l’histoire du théâtre québécois. Pourtant, cette pièce n’a pas de texte (il n’y a pas de texte d’origine écrit). Le « texte » a été reconstitué à partir de fragments retrouvés (par exemple, sur des serviettes de restaurant) et de rencontres avec des comédiens qui ont joué la pièce.

Le triomphe du théâtre à Montréal 1880-1920 : une conjoncture exceptionnelle.

Montréal est et a toujours été une ville de théâtre. Après New-York, c’est le plus grand centre de production théâtral en Amérique du Nord.

1880 est un point de repère très solide. Deux événements majeurs ont un impact déterminant pour l’avenir :

  1. La pièce Papineau écrite par Louis-Honoré Fréchette (1839-1908).

L-H Fréchette fait partie de la tradition romantique (aux côtés d’Octave Crémazie, poète romantique romantique). Il est très auréolé, recevant le prix Monthyon.

Fréchette souhaite la fondation d’un théâtre national québécois. Il veut écrire la pièce qui représentera le théâtre national québécois.

Le théâtre n’est pas cautionné par le clergé, et pourtant le clergé raffole de théâtre.

Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt est la plus grande star de l’époque. Elle vient à Montréal, où elle est accueillie par les membres du gouvernement et Louis-Honoré Fréchette lui-même.

Le Monument-National

C’est le plus vieux théâtre encore en activité au Canada. Le bâtiment a toujours porté le nom « Monument-National », qui est un nom programmatique – et non le fruit d’un hasard.

À la fin du XIXe siècle, les francophones sentent la vague d’engloutissement par les anglophones. À peu près tous les rapports institutionnels sont en anglais. La seule exception est le divertissement, si bien qu’on a choisi d’échapper à l’emprise des anglais par le divertissement.

On a du mal à trouver le financement pour construire le théâtre. Un terrain au coin de Prince-Arthur et Saint-Laurent est acheté pour construire un théâtre (plus petit), mais les anglais ne poursuivront pas le projet (préférant investir dans des commerces). Il y aura une importante vague d’immigrants juifs dans le quartier, que les Canadiens Français accueilleront notamment dans leur théâtre (par attitude compatible avec les valeurs chrétiennes).

Au tournant du XXe siècle, plusieurs théâtres et troupes francophones apparaissent (« comme des champignons » comme le dit Jean-Marc Larrue).

Qu’est-ce qu’on jouait dans les théâtres francophones, pour que le public vienne?

Julien Daoust avait un projet pour le théâtre national du Québec : présenter des pièces américaines en québécois. Il veut montrer au public ce qu’il aime (la culture américaine), mais dans sa langue (en français).

Il est difficile de produire 30 spectacle chaque année, mais le gain peut être intéressant en faisant prendre l’habitude au public de venir au théâtre.

Après cela, Julien Daoust se demande : qu’est-ce que le théâtre américain ne fait pas, et que le théâtre américain serait en mesure d’offrir?

Comme le peuple québécois est religieux, Daoust propose des pièces liturgiques, des drames religieux – et c’est un succès.

Autre stratégie : faire des revues (comme le Bye-Bye), un genre que les américains ne peuvent concurrencer.

Analyse d’extraits de Papineau de Louis-Honoré Fréchette

Papineau est une pièce romantique très mal écrite.

Rancune, pièce écrite par une femme, est bien mieux écrite que Papineau. Pourquoi ce texte est-il si difficile à trouver? Parce qu’il n’a pas été joué dans les grands théâtres, parce qu’il n’est pas passé par les instances légitimantes.

Il nous faut réinvestir le corpus théâtral, faire éclater l’histoire pour la réécrire, refaire l’histoire pour retrouver ce que l’institution a occulté.